Publié le 3 octobre 2025. Une entrepreneuse chinoise a plaidé coupable d’être la principale responsable d’une fraude massive aux cryptomonnaies, s’élevant à 5,5 milliards de livres sterling (environ 6,5 milliards d’euros), impliquant plus de 120 000 victimes à travers le monde.
- Une fraude à la méthode Ponzi a permis d’amasser plus de 43 milliards de yuans (environ 8,47 milliards de wons) entre 2014 et 2017.
- L’accusée a fui la Chine en 2017 après l’interdiction des transactions en cryptomonnaies, utilisant de faux papiers et un passeport des îles Saint-Kitts-et-Nevis.
- La police britannique a saisi 61 000 bitcoins, représentant une valeur marchande comprise entre 5 et 5,5 milliards de livres sterling.
Jimin Qian, 47 ans, a reconnu sa culpabilité devant un tribunal londonien, selon des informations rapportées par la BBC, l’AFP et Bloomberg News. Elle est accusée d’avoir orchestré un vaste système frauduleux promettant des rendements exceptionnels – entre 100 et 300 % par an – grâce à des investissements dans la technologie financière, les cryptomonnaies et les soins aux personnes âgées. En réalité, il s’agissait d’une fraude de type Ponzi, où les nouveaux investisseurs servaient à rembourser les anciens.
Plus de 128 000 personnes, principalement des individus d’âge moyen, ont été victimes de cette escroquerie. L’argent collecté, estimé à 43 milliards de yuans, a été dissimulé et blanchi via des bitcoins. Après l’interdiction des transactions en cryptomonnaies par le gouvernement chinois en 2017, Qian a quitté le pays en utilisant de faux documents et un passeport des îles Saint-Kitts-et-Nevis, cherchant refuge au Royaume-Uni. Là, elle a tenté de blanchir de l’argent en acquérant notamment des biens immobiliers.
Un complice de Qian, âgé de 43 ans, a déjà été condamné à six ans et huit mois de prison l’année dernière pour son rôle dans le transfert de 150 bitcoins liés à la fraude. L’enquête menée par la police britannique pendant sept ans a permis de saisir 61 000 bitcoins, constituant l’une des plus importantes saisies d’actifs virtuels jamais réalisées par le gouvernement britannique.
L’affaire a révélé des détails surprenants concernant les ambitions personnelles de l’accusée. Des documents numériques retrouvés par la police indiquent qu’elle aspirait à être reconnue comme la réincarnation d’un Dalaï Lama et envisageait même de créer son propre royaume dans un micro-État indépendant appelé « Liberland », situé à la frontière entre la Croatie et la Serbie. Son projet incluait la construction d’un centre bouddhiste, d’un aéroport et d’un port, pour un coût estimé à 5 millions de livres sterling (environ 5,8 millions d’euros).
Selon les enquêteurs, Qian a également eu un comportement imprudent, notamment en raison d’accidents de la circulation, et a dépensé une part importante de ses revenus dans des jeux d’argent, des achats personnels et des transactions en bitcoins.
Le prononcé de la peine à l’encontre de Jimin Qian est prévu pour le 10 novembre devant un tribunal britannique.