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Santé

Journée des Nations Unies 2025 : Construire ensemble l’avenir de la santé au Soudan du Sud | OMS

Publié le 24 octobre 2024. Alors que l’ONU célèbre son 80e anniversaire, le Soudan du Sud, jeune nation confrontée à des défis considérables, place la santé au cœur de ses efforts pour bâtir un avenir de paix et…

Publié le 24 octobre 2024. Alors que l’ONU célèbre son 80e anniversaire, le Soudan du Sud, jeune nation confrontée à des défis considérables, place la santé au cœur de ses efforts pour bâtir un avenir de paix et de résilience. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) réaffirme son engagement à soutenir le pays dans la construction d’un système de santé durable.

  • Le Soudan du Sud est confronté à un « triple fardeau de la maladie » : maladies transmissibles, maladies non transmissibles et blessures.
  • Malgré des statistiques alarmantes en matière de mortalité maternelle et infantile, le pays enregistre des progrès notables, notamment l’intégration du vaccin contre le paludisme dans son programme national de vaccination.
  • L’OMS travaille en étroite collaboration avec le ministère de la Santé sud-soudanais pour renforcer les capacités du pays en matière de préparation aux urgences sanitaires, de prévention des maladies et de développement des systèmes de santé communautaires.

Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud peine à surmonter les obstacles majeurs en matière de santé publique. Plus de 80 % de sa population vit en zones rurales, avec un accès limité aux soins. La mortalité maternelle y demeure l’une des plus élevées au monde, avec 1 223 décès pour 100 000 naissances vivantes. Les enfants de moins de cinq ans présentent un taux de mortalité presque deux fois supérieur à la moyenne mondiale. Le système de santé, avec seulement 7,6 agents de santé et 1,4 établissements pour 10 000 habitants, est constamment sous pression.

Cependant, ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité. Le Soudan du Sud témoigne également d’une remarquable capacité de résilience et d’innovation. En 2023, le pays a été l’un des premiers d’Afrique à intégrer le vaccin contre le paludisme dans son programme national de vaccination, offrant ainsi une protection accrue aux enfants. De plus, la surveillance de la poliomyélite a atteint des niveaux de classe mondiale, avec un taux d’échantillonnage de selles adéquat de 95 % et une détection de la paralysie flasque aiguë dépassant les normes internationales. Ces succès, bien que modestes, témoignent du potentiel de progrès lorsque l’engagement est fort.

Le Soudan du Sud est confronté à un défi complexe, qualifié de « triple fardeau de la maladie ». Il s’agit de lutter simultanément contre les maladies transmissibles telles que le paludisme, le VIH, la tuberculose, les maladies tropicales négligées et la pneumonie, qui restent les principales causes de décès. Parallèlement, les maladies non transmissibles, comme l’hypertension, le diabète et les cancers, sont en augmentation. Enfin, les blessures, notamment celles liées aux accidents de la route, aux troubles civils et aux conflits intercommunautaires, affectent particulièrement la population jeune et active du pays.

Pour relever ce triple défi, il ne suffit pas de traiter les maladies. Il est essentiel de mettre l’accent sur la prévention, la préparation et l’investissement dans des systèmes de santé résilients. L’OMS joue un rôle crucial dans cette démarche, en travaillant main dans la main avec le ministère de la Santé, les communautés locales et les partenaires internationaux.

Les actions menées par l’OMS comprennent le renforcement de la réponse aux urgences sanitaires grâce à la formation et au déploiement rapide d’agents de santé et d’équipes mobiles, l’amélioration de la préparation des communautés aux inondations et autres catastrophes naturelles, et l’élargissement de l’accès aux soins de santé mentale et au soutien psychosocial. Des campagnes de vaccination et de lutte contre les maladies ont également été menées avec succès, notamment l’introduction du vaccin contre le paludisme et le renforcement des systèmes de réponse d’urgence. L’OMS investit également dans la résilience du système de santé, en veillant à ce que les autorités sanitaires locales soient mieux équipées pour faire face aux crises immédiates et aux menaces futures.

La pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’importance de la coopération internationale en matière de santé publique. Le partage rapide des données, des connaissances et des ressources au-delà des frontières s’est avéré essentiel. L’expérience du Soudan du Sud a démontré la nécessité d’une approche intersectorielle, impliquant le gouvernement, les agences des Nations Unies, les organisations non gouvernementales (ONG), les chercheurs et les communautés, dans la poursuite d’un objectif commun : sauver des vies.

Il est impératif de tirer les leçons de cette pandémie et de renforcer les systèmes de surveillance, d’améliorer les solutions de santé numérique telles que la télémédecine et les applications mobiles, et d’utiliser des outils tels que les systèmes d’information géographique (SIG) pour la cartographie des maladies. Ces technologies ne sont plus des options futuristes, mais des nécessités immédiates pour une prévention et une réponse efficaces.

Le financement durable de la santé est également un enjeu crucial. En Afrique, le financement de la santé reste fragile, avec des dépenses directes dépassant 20 % dans la plupart des pays. Le Soudan du Sud ne fait pas exception. Il est impératif d’augmenter progressivement le financement national de la santé pour assurer sa viabilité à long terme. Les données montrent que l’investissement public dans la santé est le meilleur indicateur des progrès vers une couverture sanitaire universelle. Des mécanismes innovants et des partenariats public-privé seront également essentiels pour combler les lacunes financières.

À l’occasion du 80e anniversaire de l’ONU, l’histoire du Soudan du Sud illustre à la fois les défis et les promesses de la collaboration internationale. Chaque vaccin administré, chaque agent de santé formé et chaque vie sauvée témoignent du potentiel de progrès, même dans les contextes les plus difficiles.

L’OMS appelle à un engagement collectif renouvelé pour : renforcer les capacités nationales en formant, en déployant et en retenant les agents de santé ; améliorer la préparation aux situations d’urgence afin de ne pas compromettre les services de santé essentiels ; développer les systèmes communautaires pour rapprocher les soins de la population ; et assurer un financement durable pour construire un système de santé pérenne. Notre travail est loin d’être terminé, mais les fondations que nous posons aujourd’hui préparent le Soudan du Sud à un avenir plus sain et plus résilient.

En cette Journée des Nations Unies, réaffirmons notre mission commune : garantir la santé pour tous, partout. Car au Soudan du Sud, comme partout dans le monde, la santé n’est pas seulement l’absence de maladie, elle est le fondement de la paix, de la dignité et du développement. Ensemble, nous pouvons construire cet avenir.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.