Publié le 12 novembre 2025 à 10h58. Une enquête menée auprès de plus de 2 500 Belges diabétiques révèle que les complications chroniques demeurent un défi majeur pour les patients, malgré une prise de conscience accrue des risques. À l’approche de la Journée mondiale du diabète, les associations de patients et de professionnels de santé insistent sur l’importance d’un suivi médical régulier et d’un mode de vie sain pour prévenir ces complications.
- Près d’un adulte diabétique sur quatre reçoit un diagnostic seulement après l’apparition de complications.
- Les complications cardiovasculaires, rénales, oculaires et podologiques touchent une part significative des patients, en particulier ceux de plus de 50 ans.
- Un accès inégal aux examens de dépistage et un manque d’information contribuent à la persistance de ces complications.
Les complications chroniques du diabète, telles que les atteintes aux yeux, aux pieds, les lésions nerveuses et les maladies cardiovasculaires, continuent de peser lourdement sur la qualité de vie des personnes atteintes de cette maladie. C’est ce que souligne une vaste étude menée conjointement par la Ligue du Diabète et l’Association du Diabète, dont les résultats sont publiés à quelques jours de la Journée mondiale du diabète, le 14 novembre.
L’enquête, menée auprès de plus de 2 500 adultes belges diabétiques, met en évidence un paradoxe : si la plupart des patients sont conscients des risques liés au diabète, les complications restent étonnamment fréquentes. Les chiffres de l’Initiative pour la promotion de la qualité et l’épidémiologie du diabète (IKED) confirment cette tendance. Chez les personnes âgées de 50 à 74 ans atteintes de diabète de type 2 et recevant des injections quotidiennes d’insuline, on observe que :
- 36 % souffrent de complications cardiaques et vasculaires importantes,
- 38 % présentent des lésions rénales,
- 33 % rencontrent des problèmes oculaires,
- 28 % sont confrontées à des complications au niveau des pieds.
Même si les proportions sont légèrement inférieures, les patients atteints de diabète de type 1 dans la même tranche d’âge ne sont pas épargnés : 45 % d’entre eux présentent des problèmes oculaires et environ 18 % d’autres complications. La durée de la maladie, le mode de vie et un contrôle inadéquat de la glycémie sont autant de facteurs qui contribuent à l’apparition de ces complications.
Un diagnostic tardif est un facteur aggravant. L’étude révèle qu’un peu plus d’un patient sur quatre atteint de diabète de type 2 découvre sa maladie seulement après l’apparition d’une complication. Ce retard est particulièrement problématique, car plus le diagnostic est tardif, plus il est difficile d’éviter ou de ralentir l’évolution des complications chroniques. Le diabète de type 2 évolue souvent de manière silencieuse pendant de nombreuses années, ce qui permet à des dommages de s’accumuler sans être détectés.
Si le suivi préventif est essentiel, les données de l’IKED montrent qu’il n’est pas toujours optimal. Parmi les patients diabétiques suivis en soins primaires par leur médecin généraliste, seule une minorité bénéficie de tous les examens recommandés. Seulement 45 % des patients sous insuline et à peine 18 % de ceux traités par voie orale reçoivent un suivi complet. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation : un manque de sensibilisation des patients et des médecins généralistes, des craintes liées aux conséquences des examens, une hésitation à intensifier le traitement ou encore des délais d’attente trop longs pour consulter des spécialistes.
En revanche, les patients diabétiques suivis en milieu hospitalier, notamment ceux recevant deux injections d’insuline ou plus, bénéficient d’un suivi plus rigoureux. Les équipes médicales veillent à ce que la fonction rénale, le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c), la tension artérielle, l’indice de masse corporelle (IMC) et le cholestérol soient contrôlés annuellement chez plus de 90 % des patients. Les pieds et les yeux sont également examinés chaque année chez environ 7 patients sur 10.
La Ligue du Diabète et l’Association du Diabète plaident pour une adaptation des conditions de remboursement des médicaments et des technologies médicales aux dernières avancées scientifiques.
« La prévention des complications chroniques nécessite plus que de simples examens médicaux réguliers. Un traitement correct et précoce est également crucial. Des études montrent que les médicaments innovants, tels que les analogues du GLP-1 et les inhibiteurs du SGLT2, réduisent considérablement la morbidité et la mortalité lorsqu’ils sont utilisés plus tôt dans l’évolution de la maladie. Éviter les complications améliore la qualité de vie des personnes atteintes de diabète et réduit également les coûts totaux des soins de santé, pour la personne concernée, mais aussi pour le gouvernement. Le traitement des complications représente 94 % du coût total des soins de santé pour une personne diabétique, tandis que les médicaments ne représentent que 6 % du coût. »
Dr. Luk Buyse, médecin généraliste et médecin du sport, président de la Ligue du Diabète
Adopter un mode de vie sain est également essentiel pour réduire le risque de complications. Cela passe par une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, le maintien d’un poids santé, l’arrêt du tabac et une consommation modérée d’alcool.
Avec la campagne « Diabète, le danger silencieux », la Ligue du Diabète et l’Association du Diabète souhaitent sensibiliser le public à l’importance de la prévention et du dépistage précoce. Des informations fiables et accessibles sont disponibles sur www.diabete.be.
« Avec cette campagne, nous voulons réveiller et mobiliser les personnes atteintes de diabète. Le diabète et ses complications restent souvent longtemps sous le radar. C’est pourquoi nous appelons chacun à être bien informé. Nous recommandons à toute personne diabétique de subir chaque année les examens médicaux préventifs nécessaires. Plus tôt vous détecterez les complications (chroniques), mieux elles pourront être traitées. »
Aurélie Lampaert, responsable du centre de connaissances, politique et recherche, Diabetes Liga vzw
Pour aller plus loin
