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Le personnel hospitalier est jugé devant le tribunal de Lucerne

by Nicolas Lefèvre

Publié le 12 novembre 2025 à 12h59. Un procès correctionnel s’est ouvert mercredi à Lucerne concernant le décès d’un nourrisson survenu il y a quatre ans à l’hôpital pédiatrique local. Deux médecins sont accusés d’homicide involontaire par négligence.

  • Deux médecins sont jugés pour homicide involontaire après le décès d’un bébé de deux mois lors d’une opération.
  • Le ministère public requiert des peines de prison, tandis que les accusés nient les faits et refusent de témoigner.
  • L’expertise médicale pointe une réaction allergique à l’anesthésie, aggravée par une anomalie génétique rare.

L’audience principale contre deux médecins s’est ouverte mercredi matin au tribunal correctionnel de Lucerne. Les faits remontent à quatre ans, lorsque le décès d’un nourrisson de deux mois a été constaté pendant son hospitalisation à l’hôpital pour enfants de Lucerne, suite à une intervention chirurgicale.

Les trois personnes impliquées – deux médecins et un autre professionnel de la santé dont l’identité n’a pas été précisée – sont accusées d’homicide involontaire par négligence et de blessures graves. Le ministère public a engagé des poursuites pénales et requiert des peines de prison à l’encontre des accusés.

Le décès est survenu lors d’une opération visant à corriger une hernie inguinale. Une expertise commandée par le ministère public auprès de l’Institut de médecine légale de l’Université de Zurich a établi que l’enfant est décédé d’une insuffisance cardiovasculaire aiguë, résultant d’une réaction au médicament administré et d’une prédisposition génétique.

Lors de l’audience, l’une des spécialistes impliquées a présenté les conclusions du rapport d’expertise en tant que témoin. Interrogée par le tribunal, elle a détaillé le déroulement de l’autopsie et les éléments qui en ont découlé.

Elle a expliqué qu’une « réaction de type allergique » à l’anesthésique utilisé avait été déterminante dans le décès du nourrisson. Une anomalie génétique rare avait été suspectée avant l’opération, ce qui laissait présager un risque accru de complications cardiovasculaires. L’autopsie avait révélé un rétrécissement de l’aorte et des anomalies au niveau des parois des vaisseaux sanguins.

Dans un communiqué diffusé lors de la phase d’instruction, l’hôpital cantonal de Lucerne a qualifié de « pure spéculation » toute interrogation sur la possibilité d’éviter cette réaction allergique.

L’intervention chirurgicale s’est poursuivie après réanimation

Le nourrisson a été réanimé quelques minutes seulement après le début de l’anesthésie. L’équipe médicale a alors pris la décision de poursuivre l’opération et de relancer l’anesthésie. D’autres tentatives de réanimation ont été nécessaires avant que le décès du bébé ne soit finalement constaté, deux heures après le début de l’intervention.

Selon un rapport d’expertise produit par la défense, la situation de l’enfant était redevenue stable après la première réanimation. Les conditions étaient réunies pour poursuivre l’opération, et une équipe expérimentée était en place pour les interventions courantes.

Les accusés n’ont pas reconnu les faits qui leur sont reprochés et ont choisi d’exercer leur droit au silence en refusant de témoigner devant le tribunal.

Le questionnement contribue à la compréhension

Après les explications de l’expert, les avocats de la défense ont formulé une demande concernant la procédure d’interrogation des experts. Ils avaient précédemment tenté d’empêcher le tribunal d’interroger les experts dans le cadre de requêtes conjointes, estimant que cela pourrait biaiser le rapport d’expertise. Cette demande a été rejetée par les juges, qui ont estimé que les éclaircissements apportés par les experts étaient essentiels pour comprendre la complexité de l’affaire et les nombreux termes médicaux utilisés.

Un second expert sera également interrogé sur les circonstances de l’affaire. (pré/sda)

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