Les propriétaires de locations touristiques en Italie devront désormais identifier leurs locataires en direct, par appel vidéo ou visiophone, pour lutter contre la fraude et renforcer la sécurité. Cette nouvelle obligation, validée par le Conseil d’État, marque un tournant majeur pour le secteur de l’hébergement non hôtelier.
L’enregistrement numérique simple, basé sur l’envoi d’une pièce d’identité par e-mail ou via une application, ne suffira plus. La loi exige désormais une vérification en temps réel de l’identité de la personne qui franchit le seuil du logement. Cela implique un contrôle « hic et nunc », c’est-à-dire immédiat, lors de l’arrivée.
Si la présence physique du propriétaire ou du gestionnaire n’est pas obligatoire, une interaction directe est requise, même à distance, via des outils comme WhatsApp, FaceTime ou Google Meet. Des plateformes italiennes s’adaptent déjà en proposant des solutions technologiques plus sophistiquées, telles que la signature numérique (par code alphanumérique) ou des systèmes biométriques analysant le visage, les empreintes digitales ou l’iris.
Ces systèmes biométriques, intégrés aux applications d’enregistrement, permettent à l’invité de télécharger un selfie et une photo de sa pièce d’identité, que le logiciel compare pour vérifier l’authenticité des données. Cette exigence s’inscrit dans une démarche plus large de lutte contre les occupations abusives, les irrégularités fiscales et l’utilisation potentiellement dangereuse des structures d’hébergement.
La décision du Conseil d’État confirme la validité d’une circulaire du ministère de l’Intérieur émise ces derniers mois, visant à renforcer les contrôles et la sécurité dans les établissements non hôteliers. Cette circulaire avait été suspendue par un tribunal administratif régional du Latium suite à un recours d’associations professionnelles du tourisme non hôtelier. Le ministère a contesté cette suspension, arguant que la vérification directe de l’identité est essentielle pour prévenir les délits et les fraudes.
Le ministère de l’Intérieur considère cette avancée comme un « saut qualitatif » en termes de légalité et de contrôle dans le secteur de la location à court terme. Des solutions similaires sont déjà courantes dans d’autres pays, comme en France, où des judas numériques équipés de caméras vidéo permettent aux propriétaires de visualiser en temps réel les personnes entrant dans la propriété.
Les propriétaires qui ne se conformeront pas à ces nouvelles règles s’exposent à des sanctions et à d’éventuelles responsabilités juridiques.
À lire aussi
