Publié le 9 octobre 2025 à 14h44. Le Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer, a salué un accord commercial « historique » avec l’Inde lors d’une visite à Mumbai, visant à renforcer les liens économiques et à aborder des questions géopolitiques sensibles comme la guerre en Ukraine.
- Sir Keir Starmer a qualifié l’accord commercial entre le Royaume-Uni et l’Inde de « tremplin » pour des relations plus étroites.
- Une importante délégation commerciale britannique, forte de plus de 100 chefs d’entreprise et universitaires, accompagne le Premier ministre.
- La question de l’achat de pétrole russe par l’Inde a été abordée lors des discussions avec Narendra Modi.
Lors d’une conférence de presse conjointe, Sir Keir Starmer a insisté sur le potentiel considérable de cet accord commercial, qu’il a qualifié de « plus ambitieux jamais conclu par l’Inde ». Il a souligné l’importance de renforcer le leadership britannique dans des secteurs clés tels que la technologie, les sciences de la vie et les énergies renouvelables.
« Cet accord commercial est un tremplin pour renforcer le leadership britannique dans tous les domaines, de la technologie aux sciences de la vie, en passant par les énergies renouvelables et bien plus encore… »
Sir Keir Starmer, Premier ministre britannique
Le Premier ministre Starmer a également mis en avant la croissance démographique et économique de l’Inde, qui devrait devenir la troisième économie mondiale d’ici 2028.
Les discussions entre les deux dirigeants ont également porté sur la situation en Ukraine. Sir Keir Starmer a indiqué avoir soulevé la question de l’achat de combustibles fossiles russes par l’Inde, qui contribue indirectement au financement de l’effort de guerre de Vladimir Poutine. Narendra Modi, tout en se décrivant comme un ami de la Russie, a exprimé son souhait de voir le conflit ukrainien se résoudre par le dialogue et la diplomatie.
Le Premier ministre britannique a également interpellé son homologue indien sur le cas de Jagtar Singh Johal, un militant sikh britannique détenu en Inde depuis sept ans sans jugement.
La visite de Sir Keir Starmer à Mumbai s’est déroulée dans un contexte de forte présence médiatique, avec des milliers de photographies des deux dirigeants affichées dans les rues de la ville. Jeudi, le Premier ministre britannique a annoncé l’ouverture de nouveaux campus d’universités britanniques en Inde, une initiative qui, selon le gouvernement, devrait générer un investissement de 50 millions de livres sterling (environ 58 millions d’euros) pour l’économie britannique.
L’Université de Lancaster et l’Université de Surrey ont déjà reçu l’approbation d’ouvrir de nouveaux campus. D’autres établissements, tels que l’Université de York, l’Université d’Aberdeen et l’Université Queen’s de Belfast, devraient suivre l’exemple l’année prochaine.
Par ailleurs, Sir Keir Starmer a rencontré Nandan Nilekani, le fondateur du système d’identification numérique indien, dans le cadre de l’étude d’un projet similaire au Royaume-Uni. Ce projet, qui vise à permettre aux individus de prouver leur droit de travailler au Royaume-Uni, suscite cependant une forte opposition, avec une pétition signée par plus de 2,8 millions de personnes. Downing Street reste néanmoins déterminé à poursuivre cette initiative, estimant qu’elle permettra de lutter contre le travail illégal.
Selon le gouvernement britannique, l’accord commercial conclu avec l’Inde a déjà permis d’attirer 1 milliard de livres sterling (environ 1,15 milliard d’euros) d’investissements et de créer près de 7 000 emplois au Royaume-Uni. Cet accord prévoit une réduction des droits de douane sur les produits importés d’Inde, tels que les vêtements, les chaussures, les bijoux et les fruits de mer surgelés, tandis que l’Inde réduira les droits de douane sur le whisky écossais, les cosmétiques, les appareils médicaux et les voitures de luxe.
