Publié le 24 octobre 2025 06:09:00. La Banque d’Irlande a revu à la hausse ses prévisions de croissance économique pour l’Irlande, rejoignant ainsi les prévisions optimistes de Goodbody. Cette révision intervient dans un contexte de forte activité économique, notamment dans le secteur pharmaceutique.
- La Banque d’Irlande prévoit une croissance de 3,4 % pour 2025 et de 2,6 % pour 2026.
- Le produit intérieur brut (PIB) devrait atteindre 10,7 % cette année, en forte augmentation par rapport aux 8,1 % initialement estimés.
- La construction de logements devrait atteindre 34 500 unités en 2025, un niveau jamais vu depuis l’époque du Tigre celtique.
La Banque d’Irlande a relevé ses prévisions de croissance pour l’économie irlandaise, s’alignant sur une tendance observée plus tôt cette semaine par les courtiers en valeurs mobilières Goodbody. Les perspectives économiques irlandaises s’avèrent plus favorables que prévu, portées par une dynamique robuste dans plusieurs secteurs clés.
Selon les estimations de la Banque d’Irlande, le PIB irlandais, incluant l’impact des multinationales, devrait croître de 10,7 % en 2025, une nette révision à la hausse par rapport aux 8,1 % précédemment anticipés. Pour l’année 2026, la croissance devrait se maintenir à un niveau solide de 2,6 %, tandis que la croissance globale pour 2025 est estimée à 3,4 %.
Concernant le secteur du logement, la Banque d’Irlande prévoit la construction de 34 500 logements en 2025. Cette prévision n’a pas été modifiée suite à la publication hier par le Bureau central des statistiques (CSO) de chiffres indiquant une augmentation de 4 % de la construction résidentielle au troisième trimestre de cette année. L’économiste en chef de la banque, Conal MacCoille, a souligné que l’offre de logements dans la capitale reste importante, estimant qu’il existe encore « deux à trois ans d’appartements en construction ».
Les prix de l’immobilier devraient continuer à augmenter, avec une hausse prévue de 6 % cette année et de 3,5 % en 2026. M. MacCoille a précisé que 33 000 logements ont été achevés au cours des 12 mois se terminant fin septembre, un chiffre record depuis la période de forte croissance économique connue sous le nom de Tigre celtique.
Un facteur clé de cette performance économique positive réside dans les exportations irlandaises vers les États-Unis, en particulier dans le secteur pharmaceutique. Un accord récent conclu entre la Maison Blanche et Pfizer, visant à réduire les prix de certains médicaments vendus aux États-Unis, permet de maintenir ces exportations largement exemptes de droits de douane. Selon M. MacCoille, les nouveaux droits de douane de 15 % n’affectent que 2 à 3 % des exportations irlandaises, ce qui représente un « impact minime » par rapport à d’autres économies européennes plus axées sur la production manufacturière.
« Même si les fondamentaux de l’économie sont solides, des risques demeurent. La dépendance à l’égard des recettes fiscales des sociétés provenant d’un petit nombre d’entreprises constitue une vulnérabilité budgétaire. Un déficit soudain pourrait nécessiter des ajustements budgétaires rapides. »
Conal MacCoille, économiste en chef de la Banque d’Irlande
S’exprimant sur Morning Ireland de RTE, M. MacCoille a expliqué que la forte augmentation des exportations observée en début d’année est principalement due à la mise en service de nouvelles installations de production pharmaceutique, et non à une augmentation des tarifs douaniers.
« En ce qui concerne l’année prochaine, les droits de douane sont évidemment la principale préoccupation, mais pour l’instant, la majorité de nos exportations restent exonérées, ce sont donc les produits pharmaceutiques. »
Conal MacCoille, économiste en chef de la Banque d’Irlande
Il a également souligné une certaine contradiction dans l’approche de la Maison Blanche, qui cherche à la fois à imposer des tarifs augmentant le coût des produits pharmaceutiques et à obtenir des réductions pour Medicare. L’Irlande se trouve ainsi dans une position favorable, la majorité de ses exportations pharmaceutiques restant exonérées de ces droits de douane grâce aux accords conclus entre la Maison Blanche et des entreprises telles que Pfizer et AstraZeneca.
