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Le diffuseur Pat O’Mahony sur Féile, Rory Gallagher et David Byrne

by Thomas Caron

Publié le 24 octobre 2024 14h30. Pat O’Mahony, figure éclectique du paysage médiatique irlandais, revient sur plus de quarante ans de carrière à travers une émission radiophonique nostalgique et des souvenirs personnels riches en rencontres musicales marquantes.

  • Pat O’Mahony a débuté à la télévision irlandaise dans les années 1980, avant de se consacrer à la production de documentaires primés à l’étranger.
  • Son émission radiophonique actuelle, For the Record, explore les histoires derrière les collections de disques des auditeurs.
  • O’Mahony partage ses souvenirs de concerts légendaires et d’émissions de télévision emblématiques, témoignant d’une passion intacte pour la musique et la culture pop.

Né en 1961 à Kildare, Pat O’Mahony a rapidement trouvé sa voie dans les médias. En 1988, il s’est fait connaître en tant que co-animateur de l’émission de mode Head 2 Toe sur RTÉ, une première expérience qui a ouvert la porte à d’autres opportunités à la télévision et à la radio. Il a notamment remplacé Dave Fanning pendant huit ans à la radio RTÉ 2fm.

Son parcours l’a ensuite mené à Londres, où il a produit en 2003 la série documentaire primée aux Emmy Awards, Reporters en guerre pour Discovery. Un travail salué pour son immersion au cœur des conflits.

De retour en Irlande, Pat O’Mahony anime depuis 2022 l’émission radiophonique For the Record sur RTÉ Gold, diffusée le dimanche à 18h. Le concept est simple mais séduisant : explorer les histoires et les émotions liées aux disques qui marquent la vie des gens. La troisième saison est actuellement en cours de diffusion.

L’amour de la musique, cependant, remonte à l’enfance. Ses parents, originaires du comté de Cork – son père près de Bandon, sa mère de Castletownbere – ont transmis cette passion à leur fils. Sa mère, toujours en vie à l’âge de 95 ans, réside désormais à Kildare. Il se souvient avec tendresse de l’acquisition d’une chaîne stéréo dans les années 1960, un objet précieux qui a ouvert un monde sonore inexploré.

« Quand j’avais six ou sept ans, ils ont acheté une chaîne stéréo. Il y avait un petit héritage qui venait de quelque part. C’était un de ces stéréogrammes en bois dont on soulevait le couvercle et il y avait une grosse radio d’un côté et un tourne-disque de l’autre », raconte-t-il. Les disques de Bing Crosby, Joe Loss, Glenn Miller, South Pacific, Annie Get Your Gun, Larry Cunningham et The Ludlows ont bercé son enfance.

Parmi les albums qui l’ont particulièrement marqué, il cite Heureux de vous rencontrer – Désolé de vous séparer du groupe Horslips. « Les meubles les plus beaux et les plus anciens ne peuvent pas être réarrangés / S’ils conviennent à ce qu’ils sont, il n’est pas nécessaire de les changer… », récite-t-il en citant les paroles d’une chanson qui l’a profondément touché. Il conserve précieusement la copie de cet album, offerte par son frère.

Son premier concert fut celui de Horslips en 1974 à la salle de bal de Lawlor à Naas. Un an plus tard, en décembre 1975, il assista à une performance inoubliable de Rory Gallagher au Carlton Cinema de Dublin. Son frère aîné avait acheté l’album À contre-courant, qu’il a écouté en boucle sur la chaîne stéréo familiale. « Quand j’étais cowboy dans la plaine de l’Ouest… », se souvient-il avec nostalgie.

Il évoque également avec enthousiasme ses expériences au festival de Feile, dont il a assisté à toutes les éditions, y compris les cinq qui se sont déroulées à Thurles. Il se souvient notamment de la couverture télévisée du festival de Cork en 1995, où il a travaillé aux côtés de Ray D’Arcy et Dustin. Il se souvient que les Stone Roses, bien que très attendus, ont déçu par la qualité de leur prestation vocale.

Il se remémore également une anecdote amusante concernant David Byrne, chanteur des Talking Heads, lors d’un concert au Feile en 1992. Des gobelets en papier ont été lancés en l’air, créant un moment surréaliste qui a laissé Byrne stupéfait.

En 1984, il a assisté à un concert de REM au SFX, pour la modique somme de 3,25 £. Il se souvient avoir entendu les membres du groupe annoncer à la radio qu’ils ne joueraient plus Radio Free Europe, un titre qui était devenu un peu un fardeau pour eux.

Enfin, il partage son admiration pour David Bowie, évoquant un documentaire réalisé par Alan Yentob en 1975, intitulé Acteur cracké, qui explorait les excès de Bowie à l’époque de sa consommation de cocaïne. « C’était sombre, très sombre », confie-t-il, tout en reconnaissant la puissance et la créativité de Bowie.

Il se souvient également d’une projection du film La chanson reste la même de Led Zeppelin au Tower Cinema de Kildare, où un spectateur a été surpris de se retrouver face à un concert de rock au lieu du film attendu.

Quant à l’émission The Tube sur Channel 4 dans les années 1980, il la décrit comme un rendez-vous incontournable, saluant le talent de Muriel Gray, présentatrice charismatique et pleine d’esprit.

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