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La cassation a confirmé les condamnations des officiers qui ont ordonné un rituel d’initiation qui s’est soldé par la mort d’un soldat

by Nicolas Lefèvre

Publié le 21 novembre 2024. La Cour fédérale de cassation pénale a confirmé les condamnations prononcées à l’encontre de militaires argentins impliqués dans la mort d’un jeune sous-lieutenant, victime d’un rituel d’initiation particulièrement brutal.

  • La Cour a validé les peines pouvant aller jusqu’à sept ans et six mois de prison pour les officiers responsables.
  • L’accusation d’abandon de personne aggravé, retenue par la justice, a été confirmée, écartant celle d’homicide simple.
  • L’affaire met en lumière des pratiques hazing au sein de l’armée argentine.

La plus haute instance judiciaire pénale du pays a confirmé les verdicts rendus par le Tribunal Pénal Fédéral Oral de Corrientes en novembre 2024, concernant la mort de Matías Ezequiel Chirino, 22 ans, survenue le 19 juin 2022 dans la caserne du Groupe d’Artillerie Monte 3, à Passage du Libre. Les faits se sont déroulés dans le cadre d’une cérémonie d’accueil des jeunes officiers sortis de l’école militaire.

Selon l’enquête, les supérieurs hiérarchiques avaient imposé aux nouveaux arrivants une consommation excessive d’alcool, des ordres humiliants et des épreuves dégradantes, profitant de leur position de pouvoir. Matías Chirino, ainsi que deux de ses camarades, ont été contraints de boire de grandes quantités d’alcool et de se baigner dans une piscine à une température glaciale. Le jeune homme, incapable de se prendre en charge après avoir ingéré une quantité dangereuse d’alcool, a été laissé sans assistance sur un matelas, exposé au froid.

Le jugement a ratifié les peines
Le jugement a ratifié les peines pour abandon de personne aggravé et abus d’autorité dans le cadre d’un rituel d’initiation survenu dans une caserne de Corrientes.

L’autopsie a révélé que le décès était dû à une « asphyxie mécanique causée par l’aspiration du contenu gastrique », résultant d’une « alcoolisation aiguë ». Les juges du premier degré avaient établi que les accusés, après avoir créé une situation de danger, n’avaient pas fourni l’assistance nécessaire, alors qu’ils en avaient la capacité.

La décision de la Cour de cassation confirme la qualification juridique d’abandon de personne aggravé en concurrence avec abus d’autorité, rejetant l’hypothèse d’un homicide simple initialement envisagée par le parquet. Elle a également examiné le montant des sanctions imposées.

La salle II de la Cour fédérale de cassation pénale, composée des juges Carlos Mahiques, Mariano Borinski et Juan Carlos Gemignani, a rendu son verdict ce jeudi. Mahiques et Borinski ont voté en faveur de la confirmation des peines, tandis que Gemignani a émis un vote dissident partiel concernant la qualification juridique des faits.

Le juge Mahiques a souligné que le tribunal oral avait correctement évalué les preuves et rejeté les arguments de la défense comme étant arbitraires. Il a insisté sur la cohérence et la compatibilité des témoignages des sous-lieutenants survivants avec les autres éléments de preuve, soulignant l’importance de prendre en compte le contexte hiérarchique propre à l’armée.

Il a qualifié les événements de « baptême cruel » déguisé en rite initiatique ou en « accueil », dans lequel les officiers ont abusé de leur autorité en imposant des ordres excessifs qui ont placé Chirino dans une « situation de vulnérabilité ». De cette action, a-t-il expliqué, les accusés avaient assumé une « position de garant » concernant la vie et la santé de la victime, un devoir qu’ils n’ont pas respecté en ignorant son état.

La Cour a exclu que les faits puissent être qualifiés d’homicide simple avec intention, car même si les accusés représentaient un danger pour la vie ou la santé de Chirino, ce risque n’avait pas atteint le seuil nécessaire pour prouver l’acceptation de l’issue fatale.

L'affaire Chirino a révélé un
L’affaire Chirino a révélé un rite de « bienvenue » au sein de l’armée qui a conduit à la mort d’un sous-lieutenant de 22 ans en 2022

Le juge Borinski a approuvé ce raisonnement et a estimé que le tribunal de première instance avait suffisamment motivé sa décision de maintenir la qualification d’abandon de personne aggravé. Il a également confirmé les acquittements prononcés en faveur des sous-lieutenants Gerardo Sebastián Bautista, Franco Damián Grupico et Claudia Daniela Cayata, considérant qu’il n’était pas prouvé qu’ils avaient participé aux actes ayant conduit le jeune Cordouan à un état d’incapacité.

Le vote majoritaire a partiellement accueilli les recours du parquet et de la partie civile concernant Gerardo Sebastián Bautista, révoquant son acquittement et le condamnant à six ans et six mois de prison. Le nombre de militaires reconnus coupables s’élève ainsi à sept, tout en confirmant les acquittements de Franco Damián Grupico et Claudia Daniela Cayata.

En révisant les peines, la Cour fédérale a confirmé la responsabilité pénale et a révoqué l’acquittement de Gerardo Sebastián Bautista, le condamnant à six ans et six mois de prison. Elle a également réduit les peines initiales et établi des sanctions différenciées : sept ans et six mois de prison pour Facundo Luis Acosta (sous-lieutenant) et Claudio Andrés Luna (capitaine) ; sept ans pour les capitaines Rubén Darío Ruiz et Hugo Reclus Martínez Tárraga ; et six ans et six mois pour Darío Emanuel Martínez, Exequiel Emanuel Aguilar et Gerardo Sebastián Bautista.

Le Tribunal Pénal Fédéral de Corrientes avait initialement condamné six accusés à huit ans de prison pour la mort du sous-lieutenant Matías Ezequiel Chirino : les capitaines Rubén Darío Ruiz, Claudio Andrés Luna et Hugo Reclus Martínez Tárraga, le lieutenant Exequiel Emanuel Aguilar, le premier lieutenant Darío Emanuel Martínez et le sous-lieutenant Facundo Luis Acosta, tous reconnus coauteurs des délits d’abandon de personne aggravé en concurrence avec abus d’autorité.

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