La paire de devises dollar américain/yen japonais (USD/JPY) affiche une volatilité modérée en début de semaine, tiraillée entre des facteurs internes aux États-Unis et des tensions géopolitiques croissantes. Malgré un léger soutien vendredi dernier, l’avenir du dollar reste incertain, les révisions à la baisse des données économiques récentes pesant sur les perspectives d’une reprise durable.
Les frictions entre le président Donald Trump et le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, continuent d’éroder la confiance dans le dollar. Les menaces de poursuites pénales liées à des travaux de rénovation de bâtiments fédéraux ont semé le trouble sur les marchés, certains y voyant une tentative d’accélérer une baisse des taux d’intérêt.
D’un point de vue technique, la configuration actuelle penche néanmoins vers une nouvelle appréciation du dollar face au yen. Le cours a franchi une résistance clé, ouvrant la voie à un potentiel test des niveaux supérieurs à 160 yens pour un dollar (environ 1,08 dollar US). Une telle progression pourrait relancer les spéculations sur une éventuelle intervention de la Banque du Japon pour stabiliser sa monnaie.
Si les accusations portées contre Jerome Powell contribuent à l’affaiblissement du dollar, leur impact devrait être limité. Son mandat expirant dans six mois, l’influence de la pression politique sur la Fed devrait diminuer avec l’approche de cette échéance. Toutefois, une escalade de la situation ou de nouvelles révélations pourraient provoquer une réaction des marchés.
L’évolution de la situation en Iran apparaît comme un facteur plus déterminant pour le dollar. Les manifestations antigouvernementales en cours et le risque d’une intervention militaire américaine ont accru l’incertitude géopolitique, pesant sur les marchés financiers.
À court terme, les anticipations du marché ne laissent présager aucun changement majeur, avec une prévision d’inflation stable à 2,7 % sur un an.
Les données sur le marché du travail américain, publiées vendredi, présentent un tableau mitigé. Le taux de chômage, à 4,4 %, est légèrement inférieur aux prévisions de 4,5 %. La création d’emplois non agricoles a dépassé les attentes, mais de manière marginale, avec un gain de 50 000 postes. Cependant, les révisions des données antérieures révèlent une suppression nette de 76 000 emplois pour les mois d’octobre et de novembre, suggérant un ralentissement de la croissance de l’emploi depuis le milieu de l’année dernière.
Dans ce contexte, avec une inflation inférieure à 3 % sur un an, de nouvelles baisses des taux d’intérêt aux États-Unis semblent justifiées.
