Publié le 15 décembre 2025 à 17h59. La Chambre bavaroise d’approvisionnement, gestionnaire des retraites de millions d’Allemands, est au cœur d’une controverse après des investissements risqués à l’étranger, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité des fonds de pension et des accusations d’incompétence à l’encontre du gouvernement régional.
- La Chambre bavaroise d’approvisionnement (BVK) a investi massivement dans l’immobilier américain, notamment auprès de promoteurs controversés.
- Des pertes potentielles atteignant 700 millions d’euros (820 millions d’euros investis initialement) sont désormais évoquées, bien que la BVK assure que les retraites ne sont pas directement menacées.
- L’opposition accuse le gouvernement bavarois de ne pas avoir exercé un contrôle suffisant sur les investissements de la BVK.
La gestion des fonds de pension de près de trois millions de personnes en Allemagne, notamment des professions libérales comme les médecins, les avocats et les ramoneurs, est remise en question. La Chambre bavaroise d’approvisionnement (BVK) est sous le feu des critiques après la révélation d’investissements jugés imprudents et opaques, notamment aux États-Unis. L’affaire rappelle la crise financière de 2008 et soulève des questions sur la surveillance des fonds de retraite publics.
Selon les informations divulguées, la BVK a investi 820 millions d’euros dans des biens immobiliers américains, dont une part significative a été allouée à des projets impliquant Michael Shvo, un promoteur immobilier américain connu pour ses pratiques financières agressives. Des propriétés situées dans des emplacements prestigieux comme Manhattan, Beverly Hills et Chicago ont été acquises, mais nécessitent d’importants travaux de rénovation. La BVK a initialement déclaré avoir radié 163 millions d’euros de ces investissements, mais les pertes potentielles pourraient être bien plus importantes, atteignant jusqu’à 700 millions d’euros selon certaines estimations.
L’affaire a suscité l’indignation de l’opposition politique en Bavière. Tim Pargent, du parti Les Verts, a déclaré au Süddeutscher Zeitung :
« Malgré des rapports réguliers, le ministère est resté les bras croisés alors que les fonds de pension étaient mis en danger dans des transactions immobilières dangereuses. »
Tim Pargent, Parti Vert
Il dénonce un « grave échec » du gouvernement dirigé par le Premier ministre Markus Söder (CSU). Le gouvernement bavarois rejette ces accusations, affirmant qu’il n’était pas tenu de contrôler chaque investissement individuel.
Les assurés, dont certains sont obligatoirement affiliés à la BVK, expriment leur inquiétude quant à la sécurité de leur retraite. Peter Mattil, un avocat munichois spécialisé en droit bancaire et en droit des marchés de capitaux, a critiqué le manque de transparence de l’autorité :
« Les tactiques dilatoires et les manœuvres d’évitement sont insupportables. Ils se comportent comme si cela ne me regardait pas et comme si les quelques centaines de millions n’étaient que des cacahuètes. »
Peter Mattil, avocat
La BVK a présenté des informations plus détaillées sur les transactions controversées lors d’une réunion confidentielle du comité. Elle a également révélé qu’elle avait investi auprès de René Benko, un entrepreneur autrichien récemment condamné pour fraude, et de son groupe Signa, désormais insolvable. Plus d’informations sur la condamnation de René Benko.
Parallèlement, des locataires de Manhattan envisagent de poursuivre la BVK en justice, l’accusant de violations de la loi RICO, une législation américaine visant à lutter contre la criminalité organisée. Le parquet bavarois a également ouvert une enquête pour déterminer si la BVK a commis une infraction pénale. Des licenciements ont eu lieu au sein de l’agence, et une enquête externe a été lancée pour prévenir de telles pertes à l’avenir.
Lors de la réunion du comité, les investissements américains ont été qualifiés de « cas isolé », mais cette affirmation est remise en question. Sources : site Internet de la BVK, Augsburger Allgemeine, FAZ, SZ, AZ
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