Les acheteurs chinois réduisent progressivement leurs importations de pétrole vénézuélien, en raison d’une augmentation des prix et des difficultés persistantes liées aux sanctions américaines. Cette situation pourrait entraîner une baisse significative de la production pétrolière du Venezuela, déjà fragilisée par un blocus naval.
L’écart de prix entre le pétrole brut Brent, référence mondiale, et le pétrole vénézuélien Merey, s’est resserré ces dernières semaines, passant de 15 dollars le baril le mois dernier à 13 dollars actuellement. Cette hausse des prix du pétrole vénézuélien est directement liée au blocus naval américain, qui entrave le trafic des pétroliers vers et depuis le Venezuela, selon des sources anonymes citées par Bloomberg.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a indiqué en début de semaine que ce blocus ne sera pas levé de sitôt. « Nous maintenons cette quarantaine et nous espérons voir des changements, non seulement dans la manière dont l’industrie pétrolière est gérée pour le bénéfice de la population, mais aussi pour qu’ils mettent fin au trafic de drogue », a-t-il déclaré.
Les difficultés rencontrées par PDVSA, la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, sont telles qu’elle a dû commencer à fermer des puits faute de capacité de stockage pour le brut qu’elle continue de produire. Selon un rapport de Bloomberg publié fin décembre, PDVSA envisage de réduire sa production totale d’environ 15 %, soit environ 1,1 million de barils par jour, en diminuant la production dans la ceinture de l’Orénoque de 25 %, la ramenant à environ 500 000 barils par jour.
Cependant, des données de suivi des navires, notamment celles de TankerTrackers.com, révèlent que des pétroliers continuent de quitter le Venezuela chargés de pétrole brut et de fioul, pour un volume total d’environ 12 millions de barils. Reuters a souligné que plusieurs de ces navires opèrent en mode « sombre », sans pavillon ni documents de sécurité, et sont tous soumis aux sanctions américaines. La moitié d’entre eux sont des superpétroliers, habituellement utilisés pour transporter du pétrole brut vénézuélien vers la Chine, son principal acheteur.
Par ailleurs, Kpler signale la présence d’environ 82 millions de barils de pétrole brut, dont une part importante provenant du Venezuela, stockés sur des pétroliers au ralenti au large des côtes de la Chine et de la Malaisie. Ce volume pourrait constituer une réserve d’approvisionnement supplémentaire pour le plus grand importateur mondial de pétrole.