Washington – Les États-Unis et l’Australie ont renforcé leur coopération en matière de minéraux critiques, signant un accord ambitieux visant à réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine, principal producteur mondial. L’initiative, officialisée lundi à la Maison Blanche, prévoit des investissements massifs et une simplification des procédures pour stimuler l’extraction et le traitement de ces ressources stratégiques.
L’accord prévoit un investissement mutuel d’1 milliard de dollars (environ 930 millions d’euros) de chaque pays dans les six prochains mois, destiné à financer des projets miniers et de transformation. Les deux nations se sont également engagées à établir un prix plancher pour les minéraux critiques et à accélérer les autorisations administratives pour les mines, les usines de traitement et les activités connexes, dans le but d’accroître la production.
Les terres rares, indispensables à la fabrication de smartphones, de batteries pour véhicules électriques et d’équipements militaires tels que les radars et les missiles de croisière, sont au cœur de cette collaboration. Selon un rapport de la Commission géologique des États-Unis (USGS), la Chine domine actuellement le marché avec une production de 270 000 tonnes en 2024 et des réserves estimées à 44 millions de tonnes.
En comparaison, les États-Unis produisent 45 000 tonnes de terres rares et disposent de réserves de 1,9 million de tonnes, tandis que l’Australie en produit 13 000 tonnes pour des réserves de 5,7 millions de tonnes. Cette disparité a incité Washington à rechercher des alternatives pour sécuriser son approvisionnement.
L’annonce de cet accord intervient après que la Chine a annoncé, début mai, des restrictions sur les exportations de terres rares, alimentant les tensions commerciales avec les États-Unis. En réaction, un porte-parole de l’ambassade de Chine aux États-Unis a déclaré : « Les chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales ont pris forme à la suite des choix du marché et des entreprises. Les pays dotés de ressources minérales doivent jouer un rôle positif pour maintenir la sécurité et la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement concernées et garantir une coopération commerciale et économique normale. »
L’accord américano-australien inclut également des dispositions concernant la cartographie des ressources géologiques, le recyclage des minéraux et la prévention de la vente d’actifs minéraux critiques à des entités susceptibles de compromettre la sécurité nationale.
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