Publié le 23 octobre 2025 à 08h12. Une équipe de chercheurs de l’Université de Barcelone a identifié une combinaison médicamenteuse prometteuse pour améliorer l’efficacité des traitements contre le cancer colorectal et contrer la résistance des cellules tumorales, ouvrant la voie à des thérapies plus personnalisées.
- L’étude révèle qu’associer le palbociclib, déjà utilisé dans le traitement du cancer du sein, au télaglenastat permet de bloquer les mécanismes de résistance des cellules cancéreuses du côlon.
- Les cellules tumorales résistantes augmentent leur consommation de glutamine pour survivre, et le télaglenastat inhibe l’enzyme clé de ce processus.
- Les résultats, obtenus en laboratoire et sur des modèles animaux, suggèrent un effet synergique significatif entre les deux médicaments.
Le cancer colorectal représente un défi majeur de santé publique, touchant particulièrement les personnes de plus de cinquante ans et figurant parmi les principales causes de décès liés au cancer dans le monde. Malgré les avancées médicales, la résistance aux traitements reste un obstacle majeur. Une nouvelle stratégie thérapeutique pourrait bientôt voir le jour grâce aux travaux menés par des chercheurs de l’Université de Barcelone (UB) et de l’Institut de biologie moléculaire de Barcelone (IBMB-CSIC).
La recherche, publiée dans la revue Oncogène du groupe Nature, propose une approche innovante pour contrer l’adaptation des tumeurs aux traitements, un des enjeux majeurs de la cancérologie actuelle. L’étude a été dirigée par la professeure Marta Cascante, du Département de biochimie et biomédecine moléculaire de la Faculté de biologie de l’UB, et par Timothy M. Thomson, chercheur à l’IBMB-CSIC et au CIBEREHD.
Selon la professeure Cascante, « ces travaux offrent une nouvelle perspective sur la manière dont les cellules cancéreuses reprogramment leur métabolisme pour survivre aux traitements ». Comprendre ce mécanisme est, selon elle, « essentiel pour concevoir des thérapies combinées plus efficaces et personnalisées ».

Chercheurs de l’UB
Pour empêcher les cellules cancéreuses de survivre aux traitements, les chercheurs ont mis en évidence le rôle clé du palbociclib dans la lutte contre la résistance tumorale. Ce médicament, initialement développé pour le cancer du sein avancé, est désormais étudié pour son potentiel dans d’autres types de cancers, dont le cancer colorectal. Il agit en inhibant les kinases CDK4 et CDK6, des protéines qui contrôlent la division cellulaire et, par conséquent, la croissance des cellules tumorales.
L’équipe de l’UB a observé que les cellules qui survivent au traitement palbociclib augmentent leur consommation de glutamine, un acide aminé essentiel à leur croissance, renforçant ainsi leur activité mitochondriale, leur principale source d’énergie. Pour contrer ce phénomène, ils ont étudié l’effet du télaglenastat, un inhibiteur sélectif de la glutaminase, l’enzyme responsable de la conversion de la glutamine en glutamate.
« La clé est que les deux médicaments agissent de manière complémentaire. »
Mariam Tarrado-Castellarnau, auteur de recherche
L’association du palbociclib et du télaglenastat produit un effet synergique, réduisant significativement la prolifération des cellules cancéreuses, tant in vitro que sur des modèles animaux. « Le palbociclib modifie le métabolisme des cellules tumorales et le télaglenastat empêche leur adaptation ultérieure, brisant ainsi le cycle de résistance », explique Míriam Tarrado-Castellarnau, co-auteure de l’étude avec Carles Foguet.
Ces résultats prometteurs ouvrent la voie à de nouvelles pistes de recherche pour le développement de traitements plus efficaces et personnalisés contre le cancer colorectal.