La compétition s’intensifie sur le marché des traitements contre le cancer du poumon non à petites cellules, avec l’émergence de thérapies combinées. Si ces nouvelles approches semblent plus efficaces, l’accès aux soins reste inégal en raison des disparités de prix et de la couverture par l’assurance maladie.
Le cancer du poumon non à petites cellules représente plus de 80 % des diagnostics de cancer du poumon. Les traitements ciblés « Tagriso » (d’AstraZeneca) et « Recraza » (de Yuhan Corporation) sont actuellement les options les plus courantes pour les patients présentant une mutation EGFR. Des études cliniques récentes ont démontré que l’association de deux médicaments offre une survie plus longue que la monothérapie, faisant de la thérapie combinée une nouvelle norme.
Cependant, l’assurance maladie ne prend en charge qu’un seul médicament par patient, laissant à leur charge une part importante des coûts. « Tagriso », utilisé en association avec les chimiothérapies pemetrexed et cisplatine, est remboursé seul. Les deux autres médicaments entraînent des frais non couverts d’environ 15 millions de wons (environ 11 000 €) par an.
« Recraza », quant à lui, est administré avec « Librivant », un anticorps de Janssen, dont le coût est significativement plus élevé. Or, « Librivant » n’est pas remboursé par l’assurance maladie, ce qui porte le coût annuel du traitement à environ 167 millions de wons (environ 125 000 €), soit plus de onze fois le prix de la thérapie combinée « Tagriso ».
Face à cette situation, plus de 50 000 personnes ont signé une pétition demandant la prise en charge de « Librivant », qui a été soumise à l’Assemblée nationale. La question de l’extension des prestations a également été soulevée à plusieurs reprises lors des auditions parlementaires. Le ministère de la Santé et du Bien-être social a indiqué qu’une nouvelle évaluation des tarifs était en cours, mais à ce stade, « Tagriso » semble bien positionné pour dominer le marché.
Yuhan Corporation et Janssen Korea continuent de promouvoir « Recraza + Librivant » auprès des médecins, en mettant en avant ses bénéfices cliniques. Néanmoins, l’écart de prix important et le manque de couverture par l’assurance maladie constituent des obstacles majeurs. L’industrie attend désormais de savoir si « Librivant » sera finalement inclus dans le remboursement des soins.