Publié le 23 décembre 2025 à 23h04. Les fêtes de fin d’année, synonymes de convivialité, sont aussi un moment où les excès de consommation d’alcool sont fréquents. Les médecins alertent sur les conséquences, parfois sous-estimées, de ces abus sur la santé.
- La gueule de bois est un signal d’alerte précoce indiquant une consommation d’alcool potentiellement dangereuse.
- L’alcool affecte de nombreux organes, notamment le système nerveux central et le foie.
- Il n’existe pas de quantité d’alcool totalement sûre, les effets variant considérablement d’une personne à l’autre.
Si les rencontres et les célébrations sont au cœur des fêtes de fin d’année, l’abus d’alcool peut rapidement transformer la joie en souffrance. La gueule de bois, souvent banalisée comme une simple conséquence des festivités, est en réalité un indicateur que le corps est soumis à un stress important.
Selon le Dr Caroline Moreno, coordinatrice de la clinique médicale d’urgence de l’hôpital de Caridade São Vicente de Paulo (HSV), les effets de l’alcool se font sentir sur l’ensemble de l’organisme.
« Au niveau du système nerveux central, on observe de la somnolence, des maux de tête, des vertiges et une diminution des réflexes. Le foie, chargé du métabolisme de l’alcool, est mis à rude épreuve lorsqu’il doit traiter de grandes quantités, ce qui peut entraîner des nausées, des vomissements et un profond malaise. »
Dr Caroline Moreno, coordinatrice de la clinique médicale d’urgence de l’hôpital de Caridade São Vicente de Paulo (HSV)
La déshydratation joue également un rôle majeur dans l’apparition de la gueule de bois. L’alcool a un effet diurétique, favorisant l’élimination des liquides par l’urine. Cette perte d’hydratation épaissit le sang et, combinée aux métabolites produits lors de la dégradation de l’alcool, intensifie les symptômes le lendemain.
Maux de tête, nausées, vomissements, soif intense, fatigue, irritabilité et vertiges sont autant de signes révélateurs d’une gueule de bois. Ces symptômes témoignent d’un processus inflammatoire que le corps met en œuvre pour tenter de se remettre d’une exposition excessive à l’alcool.
Le Dr Moreno insiste sur le fait qu’il n’existe pas de seuil de consommation d’alcool sans risque.
« Les effets varient considérablement d’une personne à l’autre, en fonction de facteurs tels que le poids, le sexe, la vitesse de consommation, la présence ou l’absence d’aliments dans l’estomac et la prise éventuelle de médicaments. Même des quantités qui peuvent sembler faibles peuvent provoquer des réactions importantes chez certaines personnes. »
Dr Caroline Moreno, coordinatrice de la clinique médicale d’urgence de l’hôpital de Caridade São Vicente de Paulo (HSV)
La gueule de bois ne doit donc pas être négligée. Elle constitue un signal d’alarme précoce, indiquant que l’organisme a été exposé à des niveaux d’alcool potentiellement dangereux. Une consommation excessive et répétée peut augmenter le risque de maladies du foie, de troubles neurocognitifs et de problèmes cardiovasculaires.
Pour atténuer les effets d’une consommation excessive, il est recommandé de s’hydrater lentement et régulièrement, en privilégiant l’eau. Le repos et un sommeil suffisant sont également essentiels. Des analgésiques simples peuvent être utilisés avec prudence et après avoir consulté un professionnel de santé.
En revanche, il est déconseillé de chercher à « soigner » la gueule de bois en buvant davantage d’alcool, car cela ne fait que prolonger l’intoxication. La consommation de thés, d’anti-inflammatoires ou d’autres médicaments sans avis médical peut également aggraver l’état et surcharger davantage le foie.
Pour profiter pleinement et en toute sécurité des fêtes de fin d’année, la modération est de mise. Alterner les boissons alcoolisées et l’eau, manger équilibré et respecter les limites de son corps sont des gestes simples qui permettront de passer des célébrations agréables et saines.