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La Cour suprême autorise le Texas à utiliser la carte du Congrès soutenue par Trump à mi-mandat

by Nicolas Lefèvre

Publié le 5 décembre 2025 à 01h34. La Cour suprême des États-Unis a donné son feu vert au Texas pour utiliser une nouvelle carte électorale qui pourrait renforcer la position des républicains au Congrès, bloquant ainsi une décision de justice qui la jugeait potentiellement inconstitutionnelle en raison de considérations raciales.

  • La Cour suprême autorise le Texas à utiliser sa nouvelle carte électorale pour les élections de mi-mandat.
  • Cette décision pourrait favoriser les républicains et contrer les efforts de l’ancien président Trump pour maintenir le contrôle du Congrès.
  • Des juges progressistes de la Cour suprême ont exprimé leur désaccord avec cette décision.

Washington – La Cour suprême des États-Unis a tranché jeudi en faveur du Texas dans un litige concernant le redécoupage électoral, autorisant l’État à utiliser une nouvelle carte qui pourrait avoir des conséquences significatives sur les élections de mi-mandat de l’année prochaine. Cette décision intervient après qu’un tribunal inférieur avait bloqué la carte, estimant qu’elle avait probablement été établie sur la base de critères raciaux, ce qui constituerait une violation de la Constitution américaine.

En autorisant le Texas à utiliser cette nouvelle carte, la Cour suprême pourrait donner un avantage substantiel aux républicains, potentiellement en leur permettant de gagner cinq sièges à la Chambre des représentants actuellement détenus par les démocrates. Cette situation pourrait être déterminante pour le contrôle de la Chambre au cours des deux dernières années de la présidence de Donald Trump.

La décision de la Cour suprême a été prise malgré l’opposition des trois juges progressistes. Dans un avis succinct, la Cour a estimé que le tribunal inférieur avait commis une erreur en remettant en question la bonne foi du législateur texan dans l’interprétation des preuves présentées. Elle a également souligné que le tribunal inférieur avait outrepassé une doctrine juridique qui limite généralement l’intervention des tribunaux fédéraux dans les affaires électorales à un stade avancé du processus.

Le procureur général du Texas, Ken Paxton, un républicain, a salué cette décision, affirmant que la nouvelle carte électorale serait en place d’ici 2026. Il a déclaré : « Le Texas ouvre la voie alors que nous reprenons notre pays, district par district, État par État. Cette carte reflète le climat politique de notre État et constitue une victoire pour le Texas et pour tous les conservateurs fatigués de voir la gauche tenter de perturber le système politique avec des revendications sans fondement. »

Le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, a également réagi, déclarant que « le Texas est officiellement – et légalement – plus rouge ».

Cependant, cette décision a suscité de vives critiques de la part des démocrates. Gene Wu, le chef de la minorité parlementaire du Texas, a dénoncé un « coup dur porté à la démocratie américaine ». Il a affirmé que la Cour suprême avait « laissé tomber les électeurs du Texas » et qu’elle ne protégeait plus les communautés minoritaires.

Damon Hewitt, président et directeur général du Comité des avocats pour les droits civils en vertu de la loi, a qualifié cette décision de « coup dur porté aux personnes de couleur au Texas ». Il a souligné que la Cour suprême autorisait le Texas à utiliser une carte électorale qui pourrait discriminer les électeurs noirs et latino-américains.

La date limite pour l’inscription des candidats texans est fixée au 8 décembre. Les primaires de l’État sont prévues en mars 2026. Les batailles juridiques autour du redécoupage électoral devraient se poursuivre dans les semaines à venir, notamment en Californie, où le ministère de la Justice a récemment intenté une action en justice concernant de nouvelles cartes destinées à favoriser les démocrates.

Une partie du débat a porté sur le « principe de Purcell », une doctrine juridique qui met en garde contre les modifications de dernière minute aux règles électorales par les tribunaux fédéraux. La Cour suprême avait déjà invoqué ce principe en mai 2024 dans une affaire similaire en Louisiane, autorisant l’État à utiliser sa carte actuelle.

L’affaire texane est également liée à une lettre du ministère de la Justice qui exhortait l’État à redessiner sa carte afin de corriger des « inconstitutionnalités » concernant la composition raciale de certains districts. Le gouverneur Abbott avait cité cette lettre comme justification pour redessiner les lignes, ce qui a soulevé des questions sur les motivations derrière le redécoupage.

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