Mis à jour le 26 septembre 2025 à 10h30. La production automobile au Royaume-Uni a connu un effondrement spectaculaire le mois dernier, principalement en raison d’une cyberattaque majeure qui a paralysé Jaguar Land Rover, mettant en évidence la vulnérabilité croissante du secteur face aux menaces numériques.
- La production automobile britannique a chuté de 27,1 % en septembre.
- La production totale de véhicules (voitures et camionnettes) a diminué de 35,9 %.
- La cyberattaque contre Jaguar Land Rover est considérée comme la plus coûteuse de l’histoire du Royaume-Uni, avec un préjudice estimé à 1,9 milliard de livres sterling (environ 2,2 milliards d’euros).
La production automobile au Royaume-Uni a subi un revers important en septembre, avec une baisse de plus d’un quart (27,1 %). Selon les chiffres de la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), l’association britannique des constructeurs automobiles, le nombre total de véhicules sortant des chaînes de montage – voitures et camionnettes confondus – a encore plus fortement diminué, enregistrant une chute de 35,9 % par rapport à la même période l’année précédente.
Cette baisse drastique est directement liée à l’interruption de cinq semaines de la production chez Jaguar Land Rover (JLR) suite à une cyberattaque malveillante. Les usines de JLR situées dans les West Midlands et à Halewood, dans le Merseyside, ont été à l’arrêt complet de fin août à début octobre, sans fabrication de véhicules pendant cette période. Bien que la production ait repris progressivement, l’attaque est considérée comme la plus préjudiciable financièrement jamais enregistrée au Royaume-Uni, avec un coût estimé à 1,9 milliard de livres sterling (environ 2,2 milliards d’euros) selon le Cyber Monitoring Centre.
Ce niveau de production est le plus bas enregistré en septembre au Royaume-Uni depuis 1952, surpassant même les chiffres enregistrés pendant les périodes de confinement liées à la pandémie de COVID-19. Malgré le redémarrage de la production, le secteur automobile reste, selon Mike Hawes, directeur général de la SMMT, « sous une immense pression ».
En parallèle, les constructeurs automobiles qui n’ont pas été affectés par la cyberattaque ont signalé une croissance de leur production. Parmi les véhicules fabriqués, 47,8 % étaient des modèles électriques à batterie, hybrides rechargeables ou hybrides, soulignant la transition progressive du secteur vers des motorisations plus propres. La grande majorité de la production (76 %) est destinée à l’exportation, principalement vers l’Union européenne, mais aussi vers les États-Unis, la Turquie, le Japon et la Corée du Sud.
JLR n’est pas la seule entreprise britannique à avoir été victime d’une cyberattaque ces derniers temps. Harrods, Co-Op et Marks and Spencer ont également été confrontés à des incidents similaires au cours de l’année écoulée, illustrant une menace croissante pour les entreprises de tous les secteurs. Un restaurant a récemment fait part de son amertume face à la situation, témoignant des difficultés rencontrées par les entreprises.