Publié le 08 janvier 2026 à 20h00. Des chercheurs canadiens ont observé une faible émission de lumière associée à la vie, qui diminue significativement après la mort, ouvrant des perspectives sur de nouvelles méthodes de diagnostic non invasives.
- Une équipe de l’Université de Calgary et du Conseil national de recherches du Canada a détecté une émission de photons ultrafaibles (UPE) chez des souris et des plantes.
- Cette émission lumineuse diminue considérablement après la mort des organismes étudiés.
- Les scientifiques estiment que ce phénomène pourrait être lié aux espèces réactives de l’oxygène produites lors du stress cellulaire.
L’idée que la vie puisse littéralement briller n’est plus de la science-fiction. Une récente étude menée par des chercheurs canadiens suggère que les organismes vivants émettent une faible lumière, une sorte de lueur imperceptible à l’œil nu, qui s’estompe rapidement après le décès. Ce phénomène, connu sous le nom d’émission ultrafaible de photons, ou biophotons, a été observé aussi bien chez les animaux que chez les végétaux.
Si l’on pourrait être tenté d’associer cette découverte à des concepts ésotériques tels que les auras, les scientifiques insistent sur le fait qu’il s’agit d’un processus physique mesurable, bien que d’une intensité extrêmement faible et difficile à détecter. Il ne s’agit donc pas, selon eux, d’une manifestation d’énergies mystiques.
Que sont les biophotons et pourquoi suscitent-ils l’intérêt des scientifiques ?
Depuis plusieurs décennies, diverses études ont enregistré des émissions lumineuses spontanées dans les tissus vivants, avec des longueurs d’onde comprises entre 200 et 1 000 nanomètres. Ces émissions sont des millions de fois plus faibles que la lumière visible et sont généralement masquées par la chaleur corporelle ou les rayonnements ambiants.
L’une des hypothèses les plus courantes relie ces émissions à la présence d’espèces réactives de l’oxygène, des molécules produites par les cellules en réponse à divers stress, tels que la chaleur, les toxines, les agents pathogènes ou un manque de nutriments. En présence de composés comme le peroxyde d’hydrogène, les graisses et les protéines peuvent subir des réactions chimiques qui excitent les électrons et libèrent de minuscules éclairs de lumière lorsqu’ils reviennent à leur état initial.
Des souris vivantes et mortes scrutées sous la lumière
Pour déterminer si ces émissions pouvaient être détectées dans des organismes entiers, et pas seulement dans des tissus isolés, l’équipe dirigée par le physicien Vahid Salari a mis en place une expérience rigoureuse. Quatre souris ont été immobilisées et placées individuellement dans une boîte sombre équipée de caméras haute sensibilité capables de capturer des photons uniques.

Chaque souris a été filmée pendant une heure alors qu’elle était vivante. Elle a ensuite été euthanasiée selon un protocole contrôlé et enregistrée à nouveau pendant une heure supplémentaire. Même après le décès, les corps ont été maintenus à température corporelle afin d’éviter que la chaleur n’influence les résultats.
Le contraste était frappant : bien que des photons aient été détectés avant et après le décès, la quantité d’émissions a diminué de manière significative après la mort. Pour les chercheurs, cette différence constitue une preuve physique directe que la vie est associée à un niveau d’émission lumineuse plus élevé.
Des plantes qui brillent sous l’effet du stress
L’expérience ne s’est pas limitée au règne animal. Les scientifiques ont également analysé les feuilles de la moutarde des champs (Arabidopsis thaliana) et de l’arbre parapluie nain (Heptapleurum arboricola). Lorsqu’elles ont été soumises à des blessures physiques et à des agents chimiques, ils ont observé que les zones endommagées brillaient plus intensément que les parties saines.

Durant 16 heures d’observation continue, les zones blessées ont maintenu un niveau d’émission nettement plus élevé. Cela a renforcé l’hypothèse selon laquelle les espèces réactives de l’oxygène, générées en réponse au stress, seraient les principaux responsables de cette lueur presque fantomatique.
Un outil de diagnostic prometteur pour l’avenir ?
Au-delà de l’intérêt fondamental de cette découverte, les implications pratiques pourraient être considérables. Si ces émissions peuvent être mesurées de manière fiable, les biophotons pourraient devenir un outil non invasif pour surveiller le stress des tissus humains, la santé des cultures ou encore l’état des colonies bactériennes.
Pour l’heure, l’idée de « briller de santé » reste davantage une métaphore scientifique qu’une réalité clinique. Mais cette étude, publiée dans le Journal of Physical Chemistry Letters, ouvre la voie à la possibilité qu’un jour, la plus infime lumière émise par le corps révèle des informations cruciales sur notre état vital.
Référence scientifique
V. Salari et al., Imaging ultraweak photon emissions from living and deceased mice and stressed plants. J. Phys. Chem. Lett. 2025, 16, 17, 4354-4362
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