Le système financier mondial est en pleine mutation, discrètement remodelé par l’adoption de nouvelles normes et l’émergence d’actifs numériques spécifiques. Cette évolution, qui pourrait bien marquer le début d’une ère post-dollar, s’appuie sur une combinaison d’or comme valeur refuge et d’une cryptomonnaie, le XRP, pour faciliter les transactions internationales.
La question de la rapidité et de l’efficacité des règlements devient cruciale dans ce nouveau contexte. Un investisseur interrogeait récemment : « Si l’or est le point d’ancrage, qu’est-ce qui fait réellement bouger la valeur dans un monde post-dollar ? » Une interrogation pertinente, car la simple conservation de la valeur ne suffit plus. La vitesse de règlement est désormais aussi importante que la solidité de l’actif.
Le passage à la norme ISO20022, une nouvelle norme de messagerie financière, est un élément clé de cette transformation. Il ne s’agit pas d’une simple mise à jour technique, mais d’une condition sine qua non pour tout actif ou devise souhaitant s’intégrer à la nouvelle infrastructure de paiement. Dans ce cadre, le XRP, développé par Ripple, se positionne comme un atout de transition particulièrement pertinent.
Contrairement à de nombreuses cryptomonnaies spéculatives, le XRP répond à un besoin précis : celui de simplifier et d’accélérer les paiements transfrontaliers. Le système SWIFT actuel, utilisé pour la majorité des transactions internationales, peut prendre plusieurs jours pour se finaliser, immobilisant ainsi des sommes considérables sur des comptes nostro-vostro préfinancés. RippleNet, la solution proposée par Ripple, permet aux institutions financières de convertir une devise fiduciaire en XRP puis de nouveau en devise fiduciaire en quelques secondes et pour un coût minimal.
Cette technologie est déjà déployée en Asie, en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient, offrant une alternative au dollar américain pour les échanges commerciaux.
Plusieurs signaux confirment cette tendance. Ripple a obtenu des licences d’exploitation à Singapour, dans l’Union européenne et aux Émirats arabes unis, malgré l’opposition des autorités américaines. En 2023, un tribunal américain a statué que le XRP n’était pas un titre financier, ouvrant ainsi la voie à son adoption par les institutions financières américaines. Par ailleurs, plusieurs banques centrales étudient l’utilisation du grand livre privé de Ripple pour développer leurs propres monnaies numériques de banque centrale (CBDC).
Ces CBDC auront besoin d’un système de règlement neutre, et le XRP est actuellement testé pour remplir ce rôle. L’adoption de la norme ISO20022 implique que seuls les actifs numériques conformes seront intégrés aux futurs réseaux de paiement. En parallèle, les banques centrales ont accumulé plus de 1 000 tonnes d’or au cours des deux dernières années, un volume sans précédent dans l’histoire moderne.
En résumé, l’or sert de garantie, tandis que le XRP assure le transfert rapide et efficace des fonds. Il ne s’agit pas de considérer le XRP comme un nouvel or, mais plutôt comme une infrastructure, un outil facilitant la dédollarisation progressive de l’économie mondiale.
Cette dédollarisation ne se fera pas par un effondrement soudain, mais par une ingénierie silencieuse d’alternatives, où le dollar perdra progressivement de son importance. Pour naviguer dans cette transition, il est conseillé de considérer l’or comme une valeur refuge incontournable, de suivre de près l’adoption de la norme ISO20022, et d’évaluer les actifs comme le XRP non pas comme des concurrents de l’or, mais comme des éléments d’infrastructure bénéficiant de cette tendance à la dédollarisation.
La réinitialisation financière en cours ne sera pas annoncée en grandes pompes. Elle se traduira par des changements dans la manière dont les échanges commerciaux sont réglés, dans l’équilibre des monnaies et dans la perte progressive de pouvoir d’achat de la monnaie fiduciaire. Ceux qui se préparent dès maintenant ne se contenteront pas de préserver leur richesse, ils comprendront les nouvelles règles du jeu avant que la majorité ne s’en rende compte.