Home SantéLa dilatation du réflexe pupillaire comme approche du diagnostic de la douleur

La dilatation du réflexe pupillaire comme approche du diagnostic de la douleur

by Sophie Martin

Publié le 24 septembre 2025. Une nouvelle méthode d’évaluation objective de la douleur, basée sur la mesure de la dilatation réflexe pupillaire (PRD), pourrait améliorer la prise en charge des patients incapables de communiquer leur ressenti, notamment en soins intensifs ou après une intervention chirurgicale.

  • La dilatation réflexe pupillaire (PRD) permet de distinguer les stimuli douloureux des stimuli neutres, même chez des personnes éveillées.
  • L’intensité de la douleur perçue par le patient est corrélée au degré de dilatation de la pupille.
  • Cette technique pourrait bénéficier aux patients en soins intensifs, aux personnes atteintes de démence ou aux enfants, qui ont des difficultés à exprimer leur douleur.

Des chercheurs de l’hôpital universitaire BG Bergmannsheil Bochum ont démontré que la mesure de la dilatation réflexe pupillaire (PRD) peut fournir une évaluation objective de la douleur, une avancée significative pour les patients incapables de communiquer verbalement leur ressenti. Des études antérieures avaient déjà montré l’utilité de la PRD pour quantifier la nociception chez des patients sous anesthésie générale. L’équipe du Dr Nathalie Malewicz-Oeck a maintenant confirmé que cette méthode reste fiable chez les personnes éveillées.

L’étude, menée auprès de 30 volontaires sains d’un âge moyen de 25 ans, a consisté à leur appliquer un stimulus douloureux inopiné sur l’avant-bras, suivi de stimulations répétées toutes les 5 minutes. Ces stimulations pouvaient être douloureuses, placebo ou nocebo (une annonce suggérant une douleur sans application de stimulus), ainsi que des stimuli neutres. Pendant 60 secondes autour de chaque stimulation, la dilatation de la pupille a été mesurée à l’aide d’un pupillomètre. Les participants ont également évalué l’intensité de leur douleur sur une échelle numérique.

Les résultats ont révélé que la dilatation réflexe pupillaire était significativement plus importante après un stimulus douloureux annoncé qu’après un stimulus non douloureux. Elle était encore plus marquée suite à un stimulus douloureux inattendu, comparativement à une annonce placebo/nocebo ou à un stimulus neutre. Bien que les stimuli douloureux annoncés aient été jugés plus intenses par les participants, aucune différence significative n’a été observée en termes de réaction pupillaire entre les stimuli douloureux annoncés et non annoncés.

« La dilatation réflexe est significativement corrélée à l’intensité subjective de la douleur. »

Équipe de recherche du Dr Nathalie Malewicz-Oeck, Hôpital universitaire BG Bergmannsheil Bochum

Cette découverte ouvre des perspectives prometteuses pour la prise en charge de la douleur chez les patients incapables de communiquer, tels que ceux en unité de soins intensifs, en phase postopératoire, souffrant de sédation, de démence, de déficiences auditives ou les enfants. La PRD permettrait de différencier objectivement les sensations douloureuses des sensations neutres et d’évaluer l’intensité de la douleur ressentie par ces patients.

Congrès allemand sur la douleur 2025

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.