Home SantéLa forme des hanches pourrait être un symptôme caché de l’autisme, selon les experts

La forme des hanches pourrait être un symptôme caché de l’autisme, selon les experts

by Sophie Martin

Publié le 3 janvier 2024 13h20. Une posture particulière, caractérisée par un bassin plus incliné vers l’avant et une apparence parfois qualifiée de « queue de canard », pourrait être un indicateur précoce de troubles du spectre autistique (TSA) ou de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), selon des recherches récentes.

  • Des études menées en Italie et au Japon ont mis en évidence des différences significatives dans la démarche des enfants atteints de TSA et de TDAH.
  • L’inclinaison du bassin vers l’avant, mesurée par analyse de la marche en 3D, est plus prononcée chez ces enfants, et semble corrélée à la sévérité des symptômes.
  • Bien que cette posture ne cause pas ces troubles, elle pourrait être un effet de leurs impacts sur le système moteur et l’équilibre.

Depuis une dizaine d’années, les chercheurs s’intéressent de près à des variations posturales observées chez les enfants, en particulier ceux de moins de 10 ans. Ces observations suggèrent que certains enfants présentent une inclinaison plus marquée du bassin vers l’avant, donnant l’impression que leurs hanches sont plus proéminentes, alors qu’il ne s’agit pas d’un réel élargissement.

Les études sur le trouble du spectre autistique (TSA) ont révélé que le bassin des enfants autistes est en moyenne incliné de 5 degrés supplémentaires vers l’avant pendant la marche, comparativement à leurs pairs neurotypiques. Les experts expliquent que l’autisme, qui affecte les compétences sociales et la communication, peut également impacter les systèmes de mouvement et d’équilibre.

Des comportements fréquemment observés chez les enfants autistes, tels que la marche sur la pointe des pieds et le maintien prolongé de la même position assise, pourraient contribuer à cette inclinaison en raccourcissant les muscles fléchisseurs de la hanche. Cette situation peut entraîner des difficultés d’équilibre, des maladresses et des problèmes d’adaptation à la marche.

Des analyses de la marche révèlent des différences subtiles

Des recherches indépendantes, menées en Italie et au Japon, ont permis de déterminer que ces différences posturales deviennent généralement plus visibles entre 8 et 10 ans, lorsque les enfants entrent à l’école.

En 2018, des chercheurs de l’Istituto Scientifico Romagnolo per lo Studio e la Cura dei Disturbi Neuropsichici (IRCCS) en Italie ont utilisé des analyses de mouvements en 3D pour comparer la démarche d’enfants autistes et non autistes. Les enfants ont marché sur un tapis roulant dans un environnement de réalité virtuelle, et les angles de leur bassin, de leurs hanches, de leurs genoux et de leurs chevilles ont été mesurés à chaque pas.

Les résultats ont montré que chez les enfants autistes, le bassin s’incline excessivement vers l’avant au moment où le pied touche le sol, les mouvements de la hanche et de la cuisse diffèrent de la normale, et les mouvements de la cheville sont plus limités. Il a également été constaté que ces anomalies de la démarche étaient directement liées à la gravité des symptômes autistiques.

Des similitudes observées chez les enfants atteints de TDAH

Une situation similaire a été observée chez les enfants diagnostiqués avec un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Une étude japonaise, menée en 2017, a analysé la marche de garçons atteints de TDAH âgés de 9 à 10 ans à l’aide de caméras haute définition.

Les chercheurs ont constaté que ces enfants avaient le bassin incliné en moyenne de 4,5 degrés supplémentaires vers l’avant, adoptaient un pas plus rapide, et que cette posture était fortement associée à des symptômes d’hyperactivité et d’impulsivité. Ces résultats ont été publiés dans la revue PLoS One.

Conséquences potentielles et perspectives

Les experts soulignent qu’un bassin incliné vers l’avant peut exercer une pression supplémentaire sur le bas du dos, les hanches et les genoux, ce qui peut à terme entraîner des douleurs chroniques. De plus, les difficultés d’équilibre peuvent rendre certaines activités plus fatigantes ou provoquer de l’agitation au quotidien.

Il est important de noter que ces recherches ne suggèrent pas que cette posture cause l’autisme ou le TDAH. Elles mettent plutôt en évidence le fait que ces conditions peuvent avoir des répercussions sur les muscles, le système d’équilibre et la motricité. Une détection précoce de ces effets pourrait permettre de les atténuer grâce à des exercices spécifiques, de la physiothérapie et des approches de soutien adaptées.

Des études antérieures indiquent que l’autisme et le TDAH peuvent souvent coexister chez les enfants. Les taux de comorbidité varient entre 50 et 70 pour cent, en raison de caractéristiques communes telles que des difficultés d’attention, des différences dans le traitement des mouvements et des sensibilités sensorielles.

Selon les données de 2025 des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis, environ un enfant sur 31 reçoit un diagnostic de trouble du spectre autistique. Consultez les données complètes du CDC.

Les scientifiques estiment que l’autisme résulte principalement d’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux agissant pendant la grossesse et la petite enfance. Les antécédents familiaux, certaines mutations génétiques et des syndromes génétiques comme le syndrome du X fragile sont considérés comme des facteurs de risque.

Les experts rappellent que les allégations selon lesquelles les vaccins infantiles provoquent l’autisme sont infondées et que le CDC n’a trouvé aucune preuve à ce sujet.

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