Publié le 2024-10-26 18:30:00. Une vaste étude révèle que les infections virales courantes, comme la grippe et le Covid-19, augmentent significativement le risque de problèmes cardiovasculaires aigus dans les semaines qui suivent, soulignant l’importance de la prévention par la vaccination.
- Les infections par la grippe multiplient par quatre à cinq le risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral (AVC).
- Le SARS-CoV-2 (Covid-19) triple ce risque, tandis que d’autres virus présentent des risques plus faibles, mais persistants.
- La vaccination contre la grippe pourrait offrir une protection cardiovasculaire supplémentaire, réduisant le risque de maladies graves de 34 %.
Une infection virale, même banale, peut avoir des conséquences graves sur le cœur et les vaisseaux sanguins. C’est la conclusion d’une étude d’envergure menée par une équipe de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et publiée dans le Journal of the American Heart Association. Les chercheurs ont analysé plus de 52 000 études menées entre 1997 et 2024 pour évaluer le lien entre les infections virales et les maladies cardiovasculaires.
L’analyse a révélé que le risque d’AVC dans les quatre semaines suivant une infection grippale est cinq fois plus élevé chez les personnes atteintes de la grippe que chez celles qui ne le sont pas. Le risque de crise cardiaque quadruple également durant cette période. Pour le SARS-CoV-2, le risque de crise cardiaque est multiplié par 3,1 et celui d’AVC par 2,9 dans les quatre semaines suivant l’infection.
Selon le Dr Kosuke Kawai, responsable de l’étude, ce risque accru s’explique par la réaction du système immunitaire face à l’infection.
« La réponse naturelle du système immunitaire aux infections virales libère des substances qui déclenchent l’inflammation et favorisent la coagulation sanguine, ce qui affecte le système cardiovasculaire. »
Kosuke Kawai, Université de Californie à Los Angeles
L’étude met également en évidence un lien, bien que moins prononcé, entre d’autres virus et les maladies cardiovasculaires. L’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du SIDA, augmente le risque de crise cardiaque de 60 % et celui d’AVC de 45 %. L’hépatite C est associée à une augmentation de 27 % du risque de crise cardiaque et de 23 % du risque d’AVC. Le zona (virus varicelle-zona) est lié à une augmentation de 12 % du risque de crise cardiaque et de 18 % du risque d’AVC. Le Dr Kawai souligne que ces risques, bien que plus faibles, restent significatifs, en particulier en raison de la prévalence de ces virus : environ une personne sur trois est touchée par le zona au cours de sa vie.
Les chercheurs insistent sur l’importance de la prévention, notamment par la vaccination. Une étude de 2022, citée dans leurs travaux, a démontré qu’une vaccination contre la grippe réduit de 34 % le risque de développer une maladie cardiovasculaire grave. Ils recommandent en particulier de cibler les adultes souffrant déjà de problèmes cardiaques ou présentant des facteurs de risque.
L’étude a également identifié un risque accru de maladies cardiovasculaires associé à d’autres virus, tels que le virus de l’herpès simplex 1, le virus de l’hépatite A, le virus du papillome humain, ainsi que les virus responsables de la dengue et du chikungunya. Cependant, les résultats sont moins concluants que pour la grippe et le SARS-CoV-2, ce qui justifie, selon les auteurs, des recherches plus approfondies sur ces liens, compte tenu de la propagation mondiale de ces infections virales.