La Garde côtière américaine a réalisé une série de saisies record de cocaïne dans le Pacifique oriental au cours du dernier mois, tout en contrastant avec une politique plus agressive, et controversée, menée dans les Caraïbes contre les trafiquants de drogue. Ces opérations parallèles soulèvent des questions sur les stratégies adoptées par l’administration américaine dans la lutte contre le narcotrafic.
Depuis le lancement de l’opération Pacific Viper début août, plus de 136 tonnes (100 000 livres) de cocaïne ont été interceptées, soit une moyenne de plus de 2,2 tonnes (1 600 livres) par jour. 34 opérations d’interdiction ont permis d’arrêter 86 individus soupçonnés de trafic de stupéfiants, a annoncé la Garde côtière.
Cette intensification des efforts dans le Pacifique oriental vise à contrer les flux importants de drogues illicites en provenance d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. La Garde côtière déploie des moyens supplémentaires – navires, avions et équipes tactiques – en coordination avec des partenaires internationaux et inter-agences pour interdire, saisir et perturber les réseaux de trafic.
La situation dans les Caraïbes est cependant très différente. Récemment, l’administration Trump a autorisé la destruction de navires de narcotrafiquants, une politique qui a fait l’objet de vives critiques. Le président Trump a justifié cette approche en affirmant que les tentatives d’interdiction traditionnelles, menées par la Garde côtière depuis 30 ans, étaient « totalement inefficaces ».
« Ils [les trafiquants vénézuéliens] ont des bateaux plus rapides. Certains de ces bateaux sont sérieusement, je veux dire, ce sont des vedettes rapides de classe mondiale, mais ils ne sont pas plus rapides que des missiles », a déclaré le président Trump lors d’une conférence de presse.
Au moins six navires de trafiquants ont été détruits, entraînant la mort de 30 personnes. Le dernier incident, survenu vendredi dernier, a coûté la vie à trois individus. Le 1er septembre, un premier hors-bord a été détruit, tandis que les quatre suivants, selon des images diffusées, ne se déplaçaient pas avant d’être frappés.
Le contre-amiral Jeffrey Novak, commandant adjoint de la zone Pacifique de la Garde côtière, a souligné l’efficacité de l’opération Pacific Viper : « Notre force de combat maritime parcourt les routes de contrebande de drogue dans le Pacifique Est et démantèle les réseaux narco-terroristes. Nous complétons les autorités policières uniques de la Garde côtière avec des capacités de pointe pour arrêter le flux de drogues mortelles qui menacent les communautés américaines. »
Cette divergence de stratégie a suscité des interrogations. Le sénateur Mark Kelly (démocrate de l’Arizona) a exprimé ses préoccupations, estimant que l’opération dans les Caraïbes « dégénère peut-être en quelque chose, comme le président l’explique, en un changement de régime. Je pense que ce n’est pas une bonne décision de la part de ce président. La Garde côtière a les ressources pour le faire. »
Par ailleurs, l’amiral Alvin Holsey, commandant du Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM), a annoncé sa retraite de manière inattendue jeudi dernier, après moins d’un an en poste. Selon le New York Times, l’amiral Holsey aurait exprimé des inquiétudes concernant la mission et les attaques contre les navires de drogue.
L’administration Trump justifie cette politique en affirmant que les cartels de la drogue sont des organisations terroristes étrangères et des organisations criminelles transnationales, et que les États-Unis doivent « garantir l’élimination totale de la présence de ces organisations sur son territoire et de leur capacité à menacer la sûreté et la sécurité des États-Unis », conformément à un décret signé par le président Trump le 20 janvier 2025.
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