Publié le 23 novembre 2025. Face au rejet du projet de loi de finances pour 2026 à l’Assemblée nationale, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a appelé dimanche à un compromis pour éviter le recours à une loi de finances spéciale, qu’elle juge un dernier recours aux conséquences potentiellement graves.
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a mis en garde contre les risques d’une impasse budgétaire, exhortant l’ensemble des forces politiques à trouver un terrain d’entente. Elle a souligné qu’une loi de finances spéciale, qui reviendrait à reconduire le budget de 2025, ne serait qu’une solution de dernier recours.
« Il n’y a pas d’alternatives pour trouver un budget à un compromis parlementaire et à un vote », a affirmé la ministre, citant le vote favorable sur la partie recettes du projet de loi de finances de la sécurité sociale comme un signe encourageant. Elle a écarté l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution ou de l’adoption de mesures par ordonnances, précisant que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’y opposait.
Le rejet du budget survenu dans la nuit de vendredi à samedi est, selon Amélie de Montchalin, soit une « étape et un moment difficile dans la construction d’un compromis qui est nécessaire au pays », soit « le moment où les forces politiques, certaines par cynisme, se laissent aller à ne pas prendre de responsabilité dans la construction du compromis ». Une telle situation, a-t-elle prévenu, entraînerait un « affaiblissement de la France » et pourrait conduire à une « crise financière et économique qui sera très grave ».
L’examen de la partie recettes du budget de l’État par la commission des finances du Sénat débutera lundi. L’hypothèse d’une loi de finances spéciale, consistant en une reconduction du budget 2025, prend de plus en plus corps, étant jugée « la plus probable » par le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel (LFI).
Amélie de Montchalin a toutefois insisté sur le caractère exceptionnel de cette mesure. Si elle permettrait d’assurer le paiement des créanciers, des fonctionnaires et des prestations sociales, elle signifierait également « pas d’économies, pas d’investissements » et placerait la France dans une position de faiblesse. Brandir la loi spéciale aujourd’hui reviendrait à « acter dès maintenant qu’on n’est pas capable de se mettre d’accord » et « qu’on ne veut pas faire de compromis », a-t-elle ajouté.
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