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Le dispositif Your First Home divise les primo-accédants anglais

À l'approche du budget présenté ce mercredi par le chancelier John Healey, le gouvernement britannique s'apprête à dévoiler de nouveaux détails sur le dispositif Your First Home.

Le dispositif Your First Home divise les primo-accédants anglais

À l’approche du budget présenté ce mercredi par le chancelier John Healey, le gouvernement britannique s’apprête à dévoiler de nouveaux détails sur le dispositif Your First Home. Ce programme, qui vise à aider les primo-accédants en Angleterre à acheter un logement neuf avec un apport de 2,5 %, nourrit à la fois l’espoir et la méfiance.

Pour Luke Anstee, s’installer dans un logement à soi représente bien plus que l’accession à la propriété. Âgé de 23 ans et employé dans l’informatique avec un salaire supérieur à 25 000 £ par an, il a passé une grande partie de son enfance à déménager au gré de la carrière militaire de son père. Après avoir vécu dix ans en Allemagne et traversé plusieurs régions du Royaume-Uni, il recherche avant tout la stabilité. Actuellement en colocation, il épargne chaque mois depuis trois ans, mais se sent encore loin de pouvoir acheter. Entre sa dernière année universitaire qui l’amène à dépasser le seuil de remboursement de son prêt étudiant et l’envolée du coût de la vie — son panier de courses hebdomadaire étant passé de 20 à 30 £ autrefois à 60 £ aujourd’hui, tandis qu’un plein d’essence atteint près de 70 £ —, constituer l’apport initial reste un parcours d’obstacles.

Le dispositif Your First Home divise les primo-accédants anglais
Photo : mortgagesoup.co.uk

Le dispositif Your First Home face aux primo-accédants

Annoncé en septembre dernier par le Premier ministre Andy Burnham lors du congrès du Parti travailliste, le mécanisme Your First Home cible en priorité les foyers qui en ont le plus besoin. Contrairement aux dispositifs antérieurs comme Help to Buy, critiqués pour avoir alimenté la hausse des prix immobiliers en permettant aux ménages les plus aisés de s’endetter davantage, le projet limite l’accès aux ménages gagnant moins de 110 000 £, un plafond relevé à 140 000 £ pour les acquisitions réalisées à Londres. Le dispositif permettrait aux primo-accédants éligibles d’obtenir un prêt public sous forme de fonds propres équivalant à 20 % de la valeur d’un bien neuf, assorti d’une période initiale sans intérêts.

Les inquiétudes du secteur immobilier

Julia Weston, agent immobilier à Wellington depuis plus de trente ans, souligne la vulnérabilité des acquéreurs face aux fluctuations financières. Selon elle, si les taux d’intérêt grimpent au moment du renouvellement du prêt hypothécaire à cinq ans, les emprunteurs se retrouvent à devoir absorber une somme considérable, tout en continuant à honorer leurs obligations envers l’organisme partenaire.

Ces craintes rejoignent les analyses de la société de courtage Access Financial Services. Dans une note d’analyse, l’organisation plaide pour une extension du dispositif aux logements anciens et réclame des garde-fous plus stricts. En s’appuyant sur des données du Land Registry pour l’Angleterre et le pays de Galles analysées par Kerblist, le courtier relève que 12 % des biens neufs revendus dans les trois ans trouvent preneur en dessous de leur prix d’achat initial, contre seulement 6,3 % pour les biens dits de seconde main. Pour les acheteurs disposant d’une épargne limitée et susceptibles de déménager rapidement, cette décote potentielle constitue un risque non négligeable.

Aider les primo-accédants à surmonter l’obstacle de l’apport personnel est important, mais leur permettre d’accéder à la propriété ne représente qu’une partie du défi. Nous devons également nous assurer qu’ils comprennent les engagements financiers qu’ils prennent et l’impact que cela pourrait avoir pour eux à l’avenir.

L’encadrement des conseils hypothécaires

Pour sécuriser les acheteurs, le dirigeant d’Access FS insiste sur la nécessité de rendre le conseil hypothécaire indépendant obligatoire avant tout engagement. L’extension du champ d’application aux habitations existantes permettrait selon lui d’élargir le choix des acquéreurs tout en adaptant leur projet aux réalités du marché local. Le secteur attend désormais de voir si le discours du chancelier de mercredi apportera des précisions sur l’après-période de grâce et sur la mécanique de remboursement conjointe entre le crédit immobilier classique et le prêt d’État.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.