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UNE HAUSSE DE TEMPÉRATURES MONDIALES DE 2,6 À 2,8 °C D’ICI 2100 or MONDIALES DE TEMPÉRATURES 2,6 À 2,8 °C D’ICI 2100

Les engagements climatiques des États s'avèrent nettement insuffisants pour contenir la hausse des températures mondiales.

Un camping inondé après des pluies torrentielles à Oliva, dans la région de Valence (Espagne), le 20 octobre 2026

Les engagements climatiques des États s’avèrent nettement insuffisants pour contenir la hausse des températures mondiales. Un rapport de l’ONU publié en octobre 2026 alerte sur une trajectoire de réchauffement atteignant 2,6 °C à 2,8 °C d’ici 2100, tandis que les concentrations de gaz à effet de serre battent de nouveaux records.

La communauté internationale fait face à une impasse climatique marquée par des niveaux d’émissions persistants à des sommets historiques. Selon le Bulletin sur les gaz à effet de serre de l’Organisation météorologique mondiale, la concentration moyenne mondiale de dioxyde de carbone en surface a atteint 426,8 parties par million en 2025. Cette valeur représente 153 % du niveau enregistré en l’an 1750, avant le début de l’ère industrielle.

Des hausses comparables touchent également le méthane et le protoxyde d’azote. Ce déséquilibre thermique accumule une quantité de chaleur inédite dans l’atmosphère terrestre. Les onze années écoulées constituent la période la plus chaude jamais mesurée par les services météorologiques.

Une nouvelle année, un nouveau record. Les gaz à effet de serre retiennent une quantité de chaleur sans précédent dans l’atmosphère, ce qui alimente l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes et les risques qui en découlent pour nos économies et nos sociétés.

Ko Barrett, Secrétaire générale adjointe de l’OMM

Les trajectoires de réchauffement revues à la hausse pour 2100

Les perspectives s’assombrissent à l’approche de la trente et unième Conférence des Parties, prévue du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie. Le Programme des Nations unies pour l’environnement indique dans son rapport annuel que les contributions déterminées au niveau national placent la planète sur une trajectoire de réchauffement de 2,6 °C d’ici la fin du siècle. Si les États se contentent de maintenir leurs politiques actuelles sans rehausser leurs objectifs, la hausse globale pourrait atteindre 2,8 °C.

UNE HAUSSE DE TEMPÉRATURES MONDIALES DE 2,6 À 2,8 °C D'ICI 2100 or MONDIALES DE TEMPÉRATURES 2,6 À 2,8 °C D'ICI 2100
Photo : RFJ

Ces estimations globales s’avèrent plus pessimistes que celles avancées l’année précédente. Ce recul s’explique en grande partie par le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, ainsi que par une révision à la hausse des estimations d’émissions historiques. Le pays dirigé par le président Donald Trump portera à lui seul la responsabilité d’une augmentation de la température moyenne mondiale d’environ 0,1 °C d’ici la fin du siècle, d’après les modélisations présentées par les scientifiques.

Sur le front des engagements nationaux, le tableau demeure critique. Les feuilles de route climatiques actualisées de 154 pays, qui représentent près de 70 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ne permettront qu’une baisse de 6 % d’ici 2035 par rapport aux niveaux de 2019, selon les analyses d’ONU Climat. Une application intégrale de ces plans et de leurs objectifs conditionnels porterait cette réduction à 9 %. Ces chiffres contrastent fortement avec les exigences du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, qui jugeait indispensable une baisse de 60 % à l’horizon 2035 pour maintenir le réchauffement sous le seuil de 1,5 °C.

UNE HAUSSE DE TEMPÉRATURES MONDIALES DE 2,6 À 2,8 °C D'ICI 2100 or MONDIALES DE TEMPÉRATURES 2,6 À 2,8 °C D'ICI 2100
Photo : Connaissance des Énergies

L’ONU constate un dépassement temporaire du seuil de 1,5 °C

Pour le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le monde se trouve dangereusement loin du compte et ne peut plus éviter de franchir la limite fixée par l’Accord de Paris en 2015.

Dépasser ne signifie pas capituler.

António Guterres, Secrétaire général des Nations unies

Malgré ce constat, les experts rappellent que des scénarios plus favorables demeurent accessibles sur le plan technique. Pour limiter l’excès de température au-dessus de 1,5 °C à une période aussi brève que possible, le Programme des Nations unies pour l’environnement calcule qu’il faudrait réduire les émissions globales de 18 % d’ici 2030, de 45 % d’ici 2035 et de 69 % d’ici 2040, par rapport aux volumes de 2025. Si ces efforts massifs étaient consentis, le réchauffement pourrait culminer entre 1,7 °C et 1,8 °C vers le milieu du siècle avant de redescendre sous la barre des 1,5 °C d’ici 2100.

Le fossé persiste entre les flux financiers et les besoins réels

La question du financement de la transition énergétique demeure un point de friction majeur. Les flux mondiaux consacrés à la réduction des émissions ont atteint en moyenne 1 900 milliards de dollars par par an sur la période 2023-2024, soit une progression de 32 % par rapport aux années 2021-2022, portée en grande partie par des investissements privés.

UNE HAUSSE DE TEMPÉRATURES MONDIALES DE 2,6 À 2,8 °C D'ICI 2100 or MONDIALES DE TEMPÉRATURES 2,6 À 2,8 °C D'ICI 2100
Photo : Lalibre

Ces montants restent toutefois insuffisants face aux estimations de la Climate Policy Initiative, reprises par le Programme des Nations unies pour le développement. Les besoins financiers ont été chiffrés à 7 800 milliards de dollars par an jusqu’en 2030, puis à 9 000 milliards de dollars par an entre 2031 et 2035.

Parmi les dynamiques positives relevées par les chercheurs, la capacité mondiale de production d’électricité renouvelable progresse trois fois plus rapidement que prévu. Les énergies renouvelables s’imposent ainsi comme le seul domaine d’action climatique en bonne voie d’atteindre ses objectifs pour 2030, tandis que des résistances marquent toujours la sortie progressive des combustibles fossiles et la lutte contre la déforestation.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.