Home AffairesLa « Loi sur la pêche » révisée de la Corée du Nord obtenue en mai… Sépare la « responsabilité légale » et précise les sanctions

La « Loi sur la pêche » révisée de la Corée du Nord obtenue en mai… Sépare la « responsabilité légale » et précise les sanctions

by Amélie Bernard

Publié le 4 novembre 2025 à 08h59. La Corée du Nord a considérablement renforcé sa législation sur la pêche, en mettant l’accent sur la responsabilité juridique et en alourdissant les sanctions financières, notamment en cas d’exportations illégales. Cette révision, intervenue en mai dernier, témoigne d’une volonté accrue de contrôle sur un secteur stratégique pour le régime.

  • La loi nord-coréenne sur la pêche, révisée en mai 2025, introduit un chapitre dédié à la « responsabilité juridique », remplaçant l’ancien chapitre axé sur l’« orientation et le contrôle ».
  • Les amendes ont été multipliées par dix dans de nombreux cas, atteignant jusqu’à 10 fois la valeur des exportations illégales.
  • De nouvelles sanctions, incluant la suspension des activités de pêche et la dissolution de fermes aquacoles, sont prévues en cas de non-respect des réglementations.

Selon un texte intégral de la loi nord-coréenne obtenu par le Daily NK, la révision de mai 2025 s’inscrit dans une logique de durcissement du contrôle sur le secteur de la pêche. Bien qu’une précédente révision ait eu lieu en 2024, l’analyse s’est concentrée sur la comparaison avec la version de 2022, en raison des difficultés à confirmer les détails de la loi de 2024.

Le changement le plus significatif réside dans la réorganisation du cadre juridique. Le chapitre 5, auparavant intitulé « Orientation et contrôle des activités du secteur de la pêche », est désormais consacré à la « Responsabilité juridique ». Cette modification, selon Yoon In-joo, chercheur à l’Institut coréen de développement maritime et halieutique, reflète une approche plus punitive :

« L’accent mis sur la responsabilité juridique, plutôt que sur l’orientation et le contrôle, suggère que les méthodes traditionnelles se sont avérées insuffisantes et qu’une approche plus coercitive est jugée nécessaire. »

Yoon In-joo, chercheur à l’Institut coréen de développement maritime et halieutique

Les sanctions financières ont été considérablement augmentées. Par exemple, la pêche d’espèces protégées, passible d’une amende de 100 000 à 500 000 wons (environ 115 à 575 euros) pour les entreprises et de 10 000 wons (environ 11,50 euros) pour les particuliers, est désormais punie d’une amende de 1 million à 1,5 million de wons (environ 1 150 à 1 725 euros) pour les entreprises et de 50 000 à 100 000 wons (environ 57,50 à 115 euros) pour les particuliers.

La loi révisée introduit également de nouvelles infractions passibles d’amendes, notamment la fabrication de produits de la pêche sans les documents requis (journal de pêche, registre de production), le départ en mer sans inspection des engins de pêche, et le non-respect des plans de reconstitution des stocks halieutiques. Ces infractions sont passibles d’une amende d’un million de wons (environ 1 150 euros) pour les entreprises.

En matière d’exportations illégales, la sanction a été radicalement renforcée. Auparavant, une amende fixe était appliquée, mais la nouvelle loi prévoit désormais une amende équivalant à dix fois la valeur des ressources halieutiques exportées illégalement. Cette mesure vise à dissuader les exportations massives illégales.

Enfin, la loi introduit une nouvelle « peine de suspension » (article 50) qui peut entraîner l’arrêt des activités des fermes aquacoles et la suspension des départs en mer pour une durée indéterminée, voire la dissolution complète des entreprises dans les cas les plus graves. Les motifs de suspension incluent l’exploitation illégale de piscicultures, l’utilisation d’engins de pêche interdits, le non-respect des délais de déclaration des prises, l’entrave à la mise en place du système de gestion des ressources halieutiques, et le défaut d’exécution des plans de repeuplement.

Selon Yoon In-joo, cette disposition témoigne d’une volonté de contrôle strict, s’étendant au-delà des activités illégales pour inclure les manquements administratifs et le manque de coopération :

« Cela laisse présager une gestion stricte, incluant non seulement les activités illégales, mais également les actes qui perturbent l’administration ou ne coopèrent pas, pouvant aller jusqu’à la suspension des départs en mer. »

Yoon In-joo, chercheur à l’Institut coréen de développement maritime et halieutique

Dans l’ensemble, la loi révisée sur la pêche en Corée du Nord se caractérise par une centralisation de la gestion, une unification des procédures, un renforcement de la protection des ressources halieutiques, et un alourdissement significatif des sanctions financières.

Vous trouverez ci-dessous le texte intégral de la Loi sur les pêches révisée.

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