Publié le 2024-10-27 10:00:00. Le cancer colorectal, qui touche près de deux millions de personnes chaque année dans le monde, voit son incidence augmenter en Suède, notamment dans le comté de Kalmar. Des avancées médicales prometteuses, comme l’utilisation de l’aspirine, pourraient toutefois améliorer significativement le pronostic pour certains patients.
- Le nombre de nouveaux cas de cancer du côlon et du rectum a augmenté de près de 16 % dans le comté de Kalmar entre 2014 et 2024.
- Une étude menée par l’Institut Karolinska suggère que l’acide acétylsalicylique (AAS), présent dans l’aspirine, pourrait réduire de moitié le risque de récidive chez certains patients.
- Le programme national de dépistage du cancer colorectal, recommandé depuis 2014 pour les 60-74 ans, devrait être pleinement opérationnel en 2026 et pourrait sauver au moins 300 vies par an.
Chaque année, environ deux millions de personnes sont diagnostiquées atteintes d’un cancer du côlon et du rectum à l’échelle mondiale. En Suède, 8 081 nouveaux cas ont été recensés l’année dernière, selon les données du Conseil national de la santé et de la protection sociale. Cette tendance à la hausse est particulièrement visible dans le comté de Kalmar, où 219 nouveaux cas ont été enregistrés en 2024, représentant une augmentation de près de 16 % par rapport à 2014.
Face à cette situation, les progrès de la médecine de précision offrent de nouvelles perspectives. Le dépistage, qui consiste à examiner de larges populations pour détecter la maladie à un stade précoce, avant l’apparition des symptômes, est un outil essentiel pour prévenir le développement du cancer. Le Conseil national de la santé et de la protection sociale recommande depuis 2014 le dépistage pour les personnes âgées de 60 à 74 ans. L’objectif est que le programme national de dépistage soit pleinement déployé d’ici 2026, avec l’ambition de sauver au moins 300 vies chaque année.
Parallèlement, la recherche progresse dans l’amélioration des traitements. Une récente étude menée par l’Institut Karolinska révèle que l’acide acétylsalicylique (AAS), un principe actif présent dans des médicaments courants comme l’aspirine, pourrait réduire de moitié le risque de récidive chez certains patients atteints d’un cancer du côlon et du rectum. Cette découverte est d’autant plus encourageante que l’AAS est un médicament peu coûteux, facilement accessible et présentant peu d’effets secondaires, et semble plus efficace que les traitements de chimiothérapie classiques.
Malgré ces avancées, il reste encore beaucoup à faire. Près de la moitié des patients traités pour un cancer du côlon et du rectum voient leur maladie récidiver. Il est donc crucial de continuer à investir dans la recherche médicale. Actuellement, les dépenses de l’État suédois en recherche pour la santé représentent moins de 1,5 öre (environ 0,015 euro) par couronne suédoise consacrée aux soins de santé. Les auteurs de cet article appellent les députés à augmenter ce financement pour atteindre 4 öre (environ 0,04 euro) par couronne, afin de soutenir l’innovation et d’améliorer la prise en charge des patients.
Ils soulignent également la nécessité de faciliter l’intégration des progrès de la recherche dans la pratique clinique. Pour cela, il est essentiel que les professionnels de santé disposent du temps et des ressources nécessaires pour participer à des essais cliniques et que du personnel de soutien à la recherche soit recruté. En tirant parti des nouvelles connaissances, il est possible de sauver davantage de vies.
« Nous invitons les députés du comté à œuvrer pour que les investissements de l’État à long terme correspondent à 4 öre par couronne de soins. »
Anna Nilsson Vindefjärd, secrétaire générale, Forska!Suède
« Le traitement du cancer du côlon et du rectum s’est considérablement amélioré grâce à la recherche, conduisant à davantage de survivants. »
Anna Martling, médecin-chef et professeur au Karolinska Institutet et responsable de l’étude ALASCCA
Anna Nilsson Vindefjärd, secrétaire générale, Forska!Suède
Anna Martling, médecin-chef et professeur au Karolinska Institutet et responsable de l’étude ALASCCA
Margaretha Haag, présidente du Réseau contre le cancer
Martin Stagmo, directeur médical pour les pays nordiques et baltes, Bayer AB
Léna Jonasson, doyenne de la Faculté de médecine, Université de Linköping
Bague Léna, PDG, Apotekarsocieteten