Publié le 20 décembre 2025. La Malaisie tire un bilan positif de sa présidence de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) en 2025, marquée par des tensions géopolitiques et des défis économiques mondiaux, et passe le relais aux Philippines en 2026.
- La Malaisie a réussi à maintenir la neutralité de l’ASEAN face aux crises internationales, notamment en Ukraine et à Gaza.
- L’accord de paix de Kuala Lumpur a contribué à désamorcer les tensions frontalières entre le Cambodge et la Thaïlande.
- L’adhésion du Timor-Leste à l’ASEAN représente une étape importante dans l’évolution du bloc régional.
Kuala Lumpur a mené l’ASEAN durant une année particulièrement tumultueuse, marquée par des conflits internationaux et une incertitude économique persistante. Le Premier ministre Anwar Ibrahim avait anticipé cette complexité, soulignant la nécessité pour l’organisation de redéfinir ses objectifs et ses stratégies. La présidence malaisienne, axée sur les thèmes de l’inclusivité et de la durabilité, a permis de maintenir le cap face à ces défis.
Selon le secrétaire général de l’ASEAN, Kao Kim Hourn, la Malaisie a fait preuve d’un engagement et d’une diligence remarquables.
« La Malaisie a assumé ce rôle au cours d’une période géopolitique véritablement turbulente, alors que le monde était aux prises avec les guerres en Ukraine et à Gaza, ainsi qu’avec les incertitudes économiques découlant des tarifs douaniers américains. Ce n’était certainement pas un environnement facile à gérer pour l’ASEAN, mais grâce à un engagement et une diligence partagés, la région a pu surmonter ces défis. »
Kao Kim Hourn, secrétaire général de l’ASEAN
L’un des succès majeurs de la présidence malaisienne a été la conclusion de l’accord de paix de Kuala Lumpur en octobre 2025, qui a permis d’apaiser temporairement les tensions frontalières entre le Cambodge et la Thaïlande. Le Premier ministre Anwar Ibrahim a joué un rôle déterminant dans l’obtention d’un consensus entre les membres de l’ASEAN pour parvenir à cet accord.
Sur le plan économique, des progrès notables ont été réalisés, notamment avec la signature de la mise à niveau de l’Accord sur la libéralisation du commerce des biens de l’ASEAN (ATIGA) et du protocole de mise à niveau de l’Accord de partenariat économique global régional (RCEP) 3.0. Ces accords visent à renforcer l’intégration économique régionale.
Les analystes soulignent que la Malaisie a su préserver la centralité de l’ASEAN en adoptant une position neutre et non alignée, notamment dans la gestion de la crise à Gaza. Le professeur Azmi Hassan, géostratège et membre du Conseil national des professeurs, explique :
« La Malaisie est également impliquée dans le contexte des pays du Sud, des BRICS et du G20. En abordant ces questions extérieures au sein de l’ASEAN, nous ne prenons pas parti mais maintenons une position neutre, ce qui constitue la contribution la plus significative de notre présidence. »
Professeur Azmi Hassan, géostratège et membre du Conseil national des professeurs
L’adhésion du Timor-Leste à l’ASEAN, officialisée en 2025, constitue également une étape importante, symbolisant la volonté du bloc de s’étendre et d’intégrer de nouvelles nations. La présidence malaisienne a également été marquée par une approche décentralisée, avec l’organisation d’environ 320 réunions dans différentes villes du pays, notamment Kuala Lumpur, Penang, Langkawi et Kuching.
Le président philippin Ferdinand R. Marcos Jr a salué le leadership d’Anwar Ibrahim, qualifiant son programme de « chargé » et soulignant son rôle proactif dans la gestion des défis mondiaux.
« Il (Anwar) a été capable de réaliser la plupart, sinon la totalité, de ce qu’il avait prévu… Il nous a tous occupés. »
Ferdinand R. Marcos Jr, président des Philippines
Les Philippines prendront officiellement la présidence de l’ASEAN le 1er janvier 2026.
