Après trois semaines de repli, les marchés boursiers mondiaux ont rebondi la semaine dernière, portés par un espoir prudent de pause dans la politique monétaire américaine. Cette amélioration coïncide toutefois avec un sentiment d’investisseurs restant majoritairement pessimiste, atteignant des niveaux historiquement élevés.
Le S&P 500 et le Nasdaq ont enregistré des performances particulièrement solides, contribuant à un tableau global positif pour les places européennes, américaines et asiatiques. Jeudi, l’annonce de la Réserve fédérale d’Atlanta (Fed d’Atlanta) envisageant une possible suspension des hausses de taux d’intérêt cet été a agi comme un catalyseur pour ce retournement de situation, marquant la meilleure journée pour les marchés depuis début février.
Si de nombreux facteurs peuvent influencer la volatilité des marchés financiers, une attention particulière est portée, ces derniers temps, aux options dites « 0DTE ». Ces options, dont la particularité est d’expirer quotidiennement, chaque jour de bourse, sont devenues un sujet de débat à Wall Street quant à leur impact potentiel sur la stabilité des marchés.
Le fonctionnement de ces options est relativement simple : les investisseurs ouvrent une position en début de séance et la clôturent avant la fin de celle-ci. Bien que traditionnellement utilisées par les investisseurs institutionnels, elles gagnent en popularité auprès des particuliers, entraînant une augmentation du volume des transactions. Leur attrait réside principalement dans leur faible coût, lié à la courte durée de validité des contrats, ce qui en fait un moyen accessible de parier sur la volatilité à court terme.
L’influence réelle de ces options sur la volatilité des marchés reste cependant incertaine. En 2023, le S&P 500 a connu 11 jours de hausse de plus de 1 % et 8 jours de baisse de plus de 1 %, soit près de la moitié des séances de bourse. En comparaison, l’année dernière, 63 séances ont enregistré des baisses de plus de 1 %, un niveau de volatilité négative inégalé depuis 2008 (75 séances).
Si la tendance actuelle se maintient, on pourrait assister à environ 48 à 50 séances de baisse de plus de 1 % cette année, un chiffre qui n’a été dépassé que 15 fois au cours des 95 dernières années.
Février, traditionnellement un mois difficile pour les bourses (baisse moyenne de -0,05 % pour le S&P 500 depuis 1950, et deuxième pire mois de l’année après septembre avec -0,47 %), a été plus sombre que prévu, avec un recul de -2,4 %. Néanmoins, certaines entreprises ont su tirer leur épingle du jeu, comme Nvidia (NASDAQ :), qui a gagné 20 %, et Tesla (NASDAQ :), avec des performances similaires. Rétrospectivement, l’acquisition de Warner Bros. Discovery (NASDAQ 🙂 en janvier (hausse de 56,3 %) ou de Catalent (NYSE 🙂 en février (hausse de 25,6 %) aurait été un choix judicieux.
Concernant le sentiment des investisseurs, mesuré par l’AAII (American Association of Individual Investors), l’optimisme a légèrement augmenté de 1,8 point de pourcentage pour atteindre 23,4 %, mais reste inférieur à sa moyenne historique de 37,5 %. À l’inverse, le pessimisme a progressé de 6,2 points pour atteindre 44,8 %, son plus haut niveau depuis le 29 décembre (47,6 %) et dépasse également sa moyenne historique de 31 %.
Globalement, la semaine a été positive pour les marchés, avec des hausses de 2,85 %, 2,42 %, 0,87 %, 1,73 %, 1,71 %, 2,78 %, 2,24 %, 3,11 %, 2,58 % pour le Nasdaq, 1,90 % pour le S&P 500 et 1,75 % pour le Dow Jones.
Voici le classement des principales bourses européennes et américaines depuis le début de l’année :
- Mib italien : +17,67 %
- Ibex espagnol : +14,86 %
- CAC 40 français : +13,61 %
- Euro Stoxx 50 : +13,3 %
- Dax allemand : +11,88 %
- Nasdaq : +11,68 %
- Nikkei : +8,21 %
- CSI 300 chinois : +6,14 %
- FTSE britannique : +6,06 %
- S&P 500 : +5,37 %
- Dow Jones : +0,73 %
