Publié le 4 novembre 2025 à 01:06:00. La Chambre des députés du Chili a adopté une loi visant à garantir une rémunération équitable aux artistes interprètes pour la diffusion de leurs œuvres sur les plateformes numériques, une avancée saluée comme un acte de justice culturelle et économique.
- La « Loi Tommy Rey » reconnaît le droit inaliénable des artistes à être rémunérés lorsque leurs interprétations musicales sont accessibles au public en ligne.
- Le texte de loi impose aux plateformes numériques de fournir aux artistes des informations sur le nombre de reproductions de leurs œuvres.
- Cette initiative s’inscrit dans un mouvement international visant à adapter le droit d’auteur à l’ère numérique et à protéger les revenus des créateurs.
Les musiciens chiliens pourraient bientôt percevoir une rémunération pour la diffusion de leurs œuvres sur les plateformes de streaming et autres médias numériques grâce à l’adoption de la « Loi Tommy Rey » par la Chambre des députés. Le projet de loi, approuvé par 121 voix pour et 5 abstentions, a ensuite vu les amendements visant à rendre la rémunération cessible rejetés lors d’un vote secret. La Commission Culture avait précédemment soutenu le texte par 124 voix pour et 3 abstentions.
À l’origine de cette initiative, une proposition de la députée Marta González et d’autres parlementaires, soutenue par la Société chilienne des droits d’auteurs et interprètes musicaux (SCD). La loi modifie la loi 17 336 sur la propriété intellectuelle et rend hommage à Patricio Zúñiga Jorquera, connu sous le nom de scène Tommy Rey, figure emblématique de la cumbia chilienne, décédé récemment. Les promoteurs de la loi estiment que le cadre juridique actuel ne protège pas suffisamment les droits des artistes, à l’image de Tommy Rey.
Un droit fondamental pour les créateurs
« La réglementation définit que les artistes, interprètes et exécutants auront un droit inaliénable et incessible à recevoir une rémunération. »
Extrait de la loi
Ce droit à la rémunération perdure même après la cession des droits patrimoniaux et se déclenche dès que l’interprétation d’un artiste est rendue accessible au public par un tiers. Les artistes peuvent exercer ce droit directement ou par l’intermédiaire d’une société de gestion collective.
Pour garantir la transparence, la loi impose aux plateformes numériques de communiquer, à la demande des artistes, le nombre mensuel de reproductions de leurs œuvres sur le territoire national. Cette disposition permettra aux créateurs de suivre précisément l’utilisation de leur travail dans l’environnement numérique.
Un débat parlementaire sur la justice culturelle
De nombreux députés ont pris la parole lors du débat, soulignant l’importance de cette loi pour la justice culturelle et économique. Ils ont insisté sur le fait que les créations et interprétations musicales font partie intégrante de l’identité chilienne.
Les parlementaires ont dénoncé le fait que, malgré des milliers de reproductions de leurs œuvres sur les plateformes numériques, les artistes et interprètes ne reçoivent souvent aucun revenu. Ils estiment que cette loi leur permettra d’obtenir une rémunération équitable pour leur travail.
Ils ont également salué l’adaptation du droit d’auteur aux évolutions technologiques et aux nouvelles formes de consommation numérique, estimant que cela redonnera de la dignité aux travailleurs des arts et de la culture, souvent confrontés à la précarité.
Un alignement sur les standards internationaux
Les députés ont souligné que, selon des études internationales, 87% des musiciens ne perçoivent pas de redevances pour la reproduction numérique de leurs œuvres. Ils ont également exprimé leur inquiétude face aux profits importants réalisés par les sociétés transnationales au détriment des musiciens.
Ils ont rappelé que des réglementations similaires existent déjà dans l’Union européenne, au Canada, au Japon et en Corée du Sud, et ont souligné que l’adoption de cette loi place le Chili sur une voie similaire à celle de ces pays en matière de protection des droits des artistes dans l’écosystème numérique.
L’objectif est d’égaliser les conditions pour les créateurs nationaux et de garantir que le progrès technologique ne se fasse pas au détriment de la protection de leurs droits. Le projet de loi doit maintenant être examiné par le Sénat.
✅ APROBADA | La Cámara respalda proyecto que busca proteger los derechos de los músicos que ponen a disposición sus interpretaciones en plataformas digitales.
Ahora, a Senado.
— Diputadas y Diputados de Chile (@Camara_cl) 3 novembre 2025
