Publié le 5 novembre 2025 à 20h25. Des signaux radio énigmatiques, remontant de sous la calotte glaciaire antarctique, défient les modèles physiques établis et intriguent les scientifiques de la NASA. Ces anomalies pourraient indiquer l’existence de particules ou de phénomènes inconnus.
Entre 2016 et 2018, la mission Antarctic Impulsive Transient Antenna (ANITA) de la NASA – un ensemble d’instruments embarqués sur des ballons stratosphériques au-dessus de l’Antarctique – a détecté une série de sursauts d’énergie radio atypiques. Contrairement aux attentes, ces signaux ne semblaient pas provenir de la surface de la glace, mais plutôt de dessous l’horizon, remontant vers le haut.
Stephanie Wissel, professeure agrégée de physique, d’astronomie et d’astrophysique à l’université de Pennsylvanie, et membre de l’équipe ANITA, souligne l’étrangeté de ces observations :
« Les ondes radio que nous avons détectées il y a près de dix ans présentaient des angles très prononcés, d’environ 30 degrés sous la surface de la glace. »
Stephanie Wissel, professeure agrégée de physique, d’astronomie et d’astrophysique à Penn State
Les calculs indiquent que pour atteindre les détecteurs, ces signaux auraient dû traverser des milliers de kilomètres de roche solide. Or, une telle traversée devrait normalement absorber complètement les ondes radio, rendant leur détection impossible.
Initialement conçue pour étudier les phénomènes cosmiques à grande échelle en détectant les ondes radio émises lorsque les rayons cosmiques interagissent avec l’atmosphère terrestre, la mission ANITA s’est heurtée à cette anomalie qui remet en question les modèles actuels de physique des particules.
Les chercheurs ont comparé les données d’ANITA avec celles d’autres observatoires, notamment l’Observatoire Pierre Auger en Argentine. Les résultats de cette analyse, publiés dans la revue Physical Review Letters, montrent que le signal énigmatique n’a pas été capté par d’autres détecteurs à longue exposition, ce qui renforce le mystère.
Selon Stephanie Wissel, l’anomalie ne serait probablement pas liée aux neutrinos :
« C’est un problème intéressant car nous n’avons pas encore d’explication claire à cette anomalie, mais ce que nous savons, c’est qu’il ne s’agit probablement pas de neutrinos. »
Stephanie Wissel, professeure agrégée de physique, d’astronomie et d’astrophysique à Penn State
Les neutrinos, des particules subatomiques de masse très faible et sans charge électrique, sont omniprésentes dans l’univers. Bien que des milliards de neutrinos traversent constamment notre planète, leur interaction est si rare qu’ils sont difficiles à détecter. Cependant, une fois retracés à leur source, ils peuvent apporter des informations précieuses sur les événements cosmiques, même ceux se produisant à des années-lumière, car ils voyagent presque à la vitesse de la lumière sans être perturbés.
L’origine de ces signaux radio mystérieux reste donc une question ouverte, stimulant la recherche et l’exploration de nouvelles théories en physique des particules.
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