Publié le 29 novembre 2023 20:22:00. La NASA s’apprête à lancer une mission de sauvetage inédite pour son observatoire spatial Neil Gehrels Swift, menacé de retomber sur Terre. Une entreprise privée a été chargée de développer une solution complexe pour tenter de remettre l’observatoire sur une orbite stable.
- La NASA a engagé Katalyst Space Technologies pour une mission de sauvetage en 2026.
- Une fusée Pegasus XL sera lancée depuis un avion Northrop Grumman L-1011 Stargazer.
- L’objectif est d’intercepter l’observatoire Swift et de le repositionner sur une orbite plus sûre.
L’observatoire spatial Neil Gehrels Swift, lancé il y a près de deux décennies, est en phase de désorbitation progressive. Si aucune intervention n’est menée, il pourrait s’écraser sur Terre d’ici la fin de l’année prochaine, sans que la zone d’impact précise n’ait été déterminée. Face à ce risque, la NASA a pris une décision audacieuse : confier à une entreprise privée le développement d’une mission de sauvetage.
Katalyst Space Technologies, une société aérospatiale américaine, a été sélectionnée pour mener à bien cette opération complexe. Le plan prévoit le lancement d’une fusée depuis un avion, le L-1011 Stargazer, appartenant à Northrop Grumman. Ce dernier servira de plateforme de lancement mobile pour la fusée Pegasus XL, qui transportera un vaisseau spatial robotique chargé d’intercepter l’observatoire Swift.
Une fois à proximité de l’observatoire, le vaisseau robotique devra le saisir et le remonter sur une orbite plus stable. Selon Shawn Domagal-Goldman, directeur par intérim de la division d’astrophysique de la NASA, le temps presse :
« Étant donné la rapidité avec laquelle l’orbite de Swift se dégrade, nous sommes dans une course contre la montre, mais en tirant parti des technologies commerciales déjà en développement, nous relèverons ce défi de front. »
Le choix de la fusée Pegasus XL a été motivé par sa capacité à répondre aux contraintes spécifiques de la mission, notamment en termes d’orbite, de calendrier et de coût. Ghonhee Lee, PDG de Katalyst Space Technologies, a souligné :
« C’est le seul lanceur capable de répondre à l’orbite, le calendrier et le coût atteindre quelque chose d’inédit avec les technologies émergentes. »
Northrop Grumman dispose déjà du L-1011 Stargazer, et les préparatifs sont en cours. Kurt Eberly, directeur des lancements spatiaux de l’entreprise, a précisé :
« Nous devons effectuer l’intégration et les tests finaux, et développer la trajectoire et les orientations pour la gestion et le logiciel d’ascension droite du nœud ascendant, mais c’est tout. »
Kieran Wilson, vice-président de la technologie chez Katalyst Space Technologies, s’est montré confiant quant au calendrier :
« Nous supposons cette date de lancement comme un engagement ferme. Nous évaluerons continuellement l’état de Swift dans sa désintégration orbitale et déterminerons de quel type d’hébergement nous pourrions avoir besoin, qu’il s’agisse de le lancer à une altitude différente ou de cibler des insertions légèrement différentes. »
L’observatoire Neil Gehrels Swift est dédié à l’étude des rayons gamma depuis son lancement. Sa perte représenterait non seulement un échec scientifique, mais pourrait également avoir des conséquences potentiellement graves en cas d’impact au sol.
