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La perte auditive augmente le risque de démence : les clés pour la prévenir

by Sophie Martin

Publié le 3 novembre 2024. La perte auditive, souvent sous-estimée, est désormais reconnue comme un facteur de risque modifiable majeur de déclin cognitif et de démence, touchant des millions de personnes à travers le monde.

  • L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 57 millions de personnes vivent avec la démence.
  • Des études récentes confirment un lien étroit entre la perte auditive et un risque accru de troubles cognitifs, notamment la maladie d’Alzheimer, la forme la plus courante de démence.
  • Améliorer l’audition pourrait retarder l’apparition de la démence, en limitant l’isolement social et en préservant la santé cérébrale.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 57 millions de personnes dans le monde sont actuellement affectées par la démence. La maladie d’Alzheimer représente entre 60 et 70 % des cas, et l’OMS enregistre près de dix millions de nouveaux diagnostics chaque année. Cette maladie neurodégénérative est devenue l’une des principales causes de handicap et de dépendance à l’échelle mondiale.

De nombreuses études mettent en évidence le rôle de la perte auditive comme facteur de risque de déclin cognitif et de démence chez les personnes âgées. La Commission Lancet a officiellement reconnu la perte auditive comme un facteur de risque modifiable pour ces pathologies.

Comme l’expliquait récemment le docteur Ricardo Allegri (MN. 63538), responsable du département de neurologie cognitive, neuropsychiatrie et neuropsychologie au FLENI, des recherches ont démontré que la perte auditive est un facteur de risque de démence.

« Des méta-analyses ont montré que l’amélioration de l’audition retarde l’apparition de la démence. La perte auditive détermine un isolement social, ce qui influence négativement le patient. Cette perte ainsi que la perte visuelle sont deux facteurs à prendre en considération, étant donné que dans la plupart des cas elles peuvent être indemnisées. »

Ricardo Allegri, responsable du département de neurologie cognitive, neuropsychiatrie et neuropsychologie au FLENI

L’impact de la perte auditive ne se limite pas à ses conséquences biologiques. L’isolement social qui en découle est une conséquence fréquente. Selon un méta-analyse publiée dans Reviews of Research on Aging, chaque détérioration de 10 décibels est associée à une augmentation de 16 % du risque de démence. D’où l’importance d’une consultation médicale dès l’apparition des premiers symptômes.

On appelle presbyacousie la perte auditive progressive liée à l’usure et à l’âge. Elle débute généralement entre 50 et 60 ans, voire plus tôt, et peut être difficile à détecter au début, car elle est lente et progressive. Les symptômes incluent une mauvaise compréhension des mots, particulièrement dans les environnements bruyants, des difficultés à identifier les sons aigus, l’apparition d’acouphènes et la nécessité d’augmenter le volume de la télévision ou de la voix.

Maria Agustina Leiro, orthophoniste (MN 8343), a expliqué que la presbyacousie est causée par une détérioration progressive de l’oreille interne due à l’âge.

« La surdité vieillissante, appelée presbyacousie, qui est causée par une détérioration progressive de l’oreille interne due à l’âge, débute généralement entre 50 et 60 ans (même un peu plus tôt aussi). Est difficile à détecter au début, car c’est généralement lent et progressif et présente des symptômes tels que mauvaise compréhension des mots encore plus dans les environnements bruyants. Difficulté également à identifier les sons aigus comme une sonnerie, l’apparition d’acouphènes devant augmenter le volume de la télévision et/ou augmenter le volume de la voix »

Maria Agustina Leiro, orthophoniste (MN 8343)

La Fondation Pasqual Maragall souligne que, bien que le lien de cause à effet entre perte auditive et déficience cognitive reste à établir, trois hypothèses sont envisagées : une cause neuropathologique commune, une contribution de la perte auditive à la réduction des interactions sociales et à l’isolement, et un effort mental accru pour traiter les informations sonores.

Il est donc essentiel de consulter un médecin si vous constatez les signes avant-coureurs suivants : une participation réduite aux conversations, le sentiment que les autres ne parlent pas assez fort, la nécessité de répéter fréquemment les mots, l’évitement des conversations téléphoniques, un inconfort dans les environnements bruyants, ou la tendance à augmenter le volume de la télévision ou de la radio.

Mme Leiro recommande de consulter un oto-rhino-laryngologiste en cas de symptômes de presbyacousie, afin d’obtenir un diagnostic précis et un traitement adapté, qui peut inclure l’utilisation d’appareils auditifs. Il est conseillé de subir des contrôles auditifs périodiques tous les un ou deux ans, surtout après 50 ou 60 ans. La correction précoce de la perte auditive permet d’éviter l’aggravation des problèmes associés. Pour ceux qui utilisent déjà des appareils auditifs ou ont eu des pathologies auditives antérieures, un examen tous les six à douze mois est recommandé.

La Fondation Pasqual Maragall souligne que le traitement de la perte auditive peut améliorer les performances cognitives et la mémoire en rétablissant une voie de traitement de l’information essentielle. La protection auditive passe également par des habitudes quotidiennes, notamment la limitation de l’exposition au bruit. L’utilisation d’écouteurs, lorsque nécessaire, complète les mesures à prendre pour prévenir la démence.

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