Publié le 28 décembre 2023. Les fonds immobiliers américains gérés par Frontal Trust, Real Estate USA I et II, sont au bord du gouffre, confrontés à des pertes significatives et à la désapprobation de certains de leurs investisseurs les plus importants, dont la famille Gianoli, actionnaire majeur du fonds I.
- Le fonds Real Estate USA I a déjà approuvé sa liquidation le 15 décembre.
- Le sort du fonds Real Estate USA II sera décidé ce lundi 29 décembre.
- Les deux fonds ont accumulé des pertes dépassant les 60 % de leur valeur initiale.
La situation est critique pour les investisseurs des fonds Real Estate USA I et II de Frontal Trust. Ces véhicules d’investissement, destinés à acquérir des biens immobiliers locatifs de bureaux et commerciaux aux États-Unis, ont subi de lourdes pertes, atteignant un peu plus de 60 % dans les deux cas. Seul un actif sur cinq, le bâtiment LINQ à Los Angeles, s’est révélé rentable.
La famille Gianoli, fondatrice historique de Molymet et principal actionnaire du Fonds I à travers sa société Allegra SpA (avec environ 15 % de participation), exprime son mécontentement face à la gestion de ce processus. D’autres investisseurs institutionnels importants figurent également au registre du Fonds I, notamment Penta Vida, Consorcio Seguros de Vida et Bice Corredores de Bolsa. On y trouve également Blue Lagoon Investments, lié au clan Luksic (10 %) ; Arrinvest, des Arrigoni (7 %) ; et Inversiones Portoseguro Internacional, associé à la famille Matte (5 %).
La direction de Frontal Trust se défend en invoquant un contexte macroéconomique défavorable, une « tempête parfaite » qui a affecté de nombreuses entreprises, chiliennes et étrangères. L’entreprise confirme que son portefeuille a été durement touché par « un effondrement structurel du marché des bureaux aux États-Unis après la pandémie de Covid-19, en particulier dans des villes comme San Francisco et Seattle. Il s’agit d’un phénomène systémique, transversal au secteur, qui a touché plusieurs gestionnaires exposés aux bureaux aux États-Unis ».
Le désaccord avec la famille Gianoli ne se limite pas à ces fonds immobiliers. Cette dernière est également impliquée dans Matriz Plaza Egaña SpA, la société la plus affectée par les difficultés du mégaprojet Eco Egaña de Fundamenta à Ñuñoa. La situation s’est envenimée après l’expiration du mandat de l’entité sans renouvellement, la laissant de facto en situation de dissolution.
Cependant, lors d’une assemblée générale extraordinaire en novembre, une réactivation de l’entreprise a été approuvée afin d’éviter sa liquidation. Cette décision a irrité la famille Gianoli. Lors de cette réunion, l’avocat représentant la famille a souligné que, conformément à la loi sur les sociétés, une société expirée devrait être dissoute et liquidée.
« Selon la loi sur les sociétés, une fois la société expirée, il convient de la dissoudre et de la liquider. »
Avocat de la famille Gianoli
Malgré cet avertissement, le conseil d’administration a opté pour la poursuite des activités. Des rumeurs persistantes suggèrent que les Gianoli préparent une demande d’arbitrage devant le Centre d’Arbitrage et de Médiation (CAM) afin de résoudre ce différend juridique.
Frontal Trust réfute ces allégations. L’entreprise affirme que la réactivation a été approuvée par près de 98 % des actionnaires, considérant cette option comme la plus protectrice de leurs intérêts dans la phase finale du projet et avant le début de la liquidation.
« La décision répond à un mandat clair de la grande majorité. »
Frontal Trust
Un seul actionnaire minoritaire, détenant un peu plus de 1 % de participation, s’est opposé à cette décision.
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