La crainte d’une récession économique mondiale s’intensifie, entraînant une chute des marchés financiers et une fuite vers des valeurs refuges. Les inquiétudes concernant la santé de certaines banques régionales américaines, conjuguées aux tensions géopolitiques et à l’impasse politique à Washington, pèsent sur le moral des investisseurs.
Les indices boursiers asiatiques ont subi des pertes importantes ce jour, avec des baisses allant de 1 à 2,7 % pour les places de Tokyo, Shanghai, Hong Kong et Taïwan. Seuls les marchés sud-coréen et indien ont fait exception. En Europe, l’indice Stoxx 600 est en voie d’enregistrer sa plus forte baisse depuis le 1er août, avec un recul de 1,65 %. Les contrats à terme américains signalent également une ouverture en territoire négatif.
La situation bancaire américaine reste au cœur des préoccupations. Les dépréciations de plusieurs banques régionales font suite aux faillites de Tricolor et First Brands, ravivant les craintes d’un stress financier accru. Les réserves des banques américaines ont dépassé le seuil de 3 000 milliards de dollars (environ 2 770 milliards d’euros), ce qui suscite des inquiétudes quant à une répétition de la crise de 2019.
Sur le marché des changes, le dollar américain affiche sa plus mauvaise semaine depuis un peu plus de deux mois. Il est en baisse par rapport à la plupart des devises du G10, avec des pertes notables pour les pays des Antipodes et de Scandinavie. Le franc suisse se distingue en affichant une performance positive. Les devises des marchés émergents sont globalement en recul, tandis que la Banque populaire de Chine a fixé le taux de change du yuan à son plus bas niveau annuel, à 7,0949 CNY (environ 0,92 euro).
Les rendements obligataires sont également en baisse. Les taux à 10 ans en Europe ont reculé de trois points de base, se rapprochant de 3,95 %. Le rendement à deux ans est tombé à son plus bas niveau depuis trois ans, à moins de 3,40 %, tandis que le rendement à 10 ans a atteint un plus bas depuis avril, à près de 3,93 %.
Par ailleurs, les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine s’intensifient, et le gouvernement américain reste paralysé par une impasse budgétaire. Malgré ces tensions, Pékin n’a pas utilisé le taux de change comme arme, fixant même le taux de référence du dollar à son plus bas niveau de l’année.
L’euro a rebondi, atteignant un plus haut de sept séances à 1,1730 $ (environ 1,09 euro), un retracement de 50 % des pertes enregistrées depuis la réunion du FOMC du 17 septembre. La prime américaine à deux ans par rapport à l’Allemagne s’est resserrée, se situant à la limite inférieure de la fourchette de 150 à 162 points de base.
Le yen japonais a également profité de la fuite vers les valeurs refuges, se renforçant face au dollar américain. La livre sterling a connu un rebond impressionnant, atteignant un plus haut depuis le 1er août.
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