Home SantéLa plupart des Américains risquent la maladie de Lyme dans leur propre jardin en ignorant la simple prévention contre les tiques

La plupart des Américains risquent la maladie de Lyme dans leur propre jardin en ignorant la simple prévention contre les tiques

by Sophie Martin

Publié le 27 octobre 2025 à 01h33. Une vaste enquête menée aux États-Unis révèle que, malgré une sensibilisation élevée à la maladie de Lyme, les précautions au quotidien restent insuffisantes, le risque étant souvent plus élevé à proximité immédiate du domicile.

  • Près de 476 000 personnes sont diagnostiquées et traitées pour la maladie de Lyme chaque année aux États-Unis.
  • L’étude souligne que les activités quotidiennes, comme passer du temps dans son jardin, représentent un risque important de contamination.
  • Seule une minorité de la population adopte systématiquement des mesures de prévention, notamment l’utilisation de répulsifs et la vérification de la présence de tiques.

La maladie de Lyme, transmise par les tiques du genre Ixodes, est une infection bactérienne qui peut entraîner des problèmes de santé à long terme. Une nouvelle étude, publiée dans le journal Open Forum Infectious Diseases, met en lumière un paradoxe : si la grande majorité des Américains connaissent la maladie de Lyme, ils ne prennent pas toujours les précautions nécessaires pour s’en protéger.

Les chercheurs ont interrogé plus de 70 000 adultes et personnes chargées de la garde d’enfants dans 28 États américains, ainsi que dans certains comtés de Californie et de l’Oregon. L’enquête a révélé que l’exposition aux tiques est fréquente, avec 73 % des adultes vivant dans des zones à forte incidence déclarant passer du temps dans des forêts, des zones boisées ou des herbes hautes entre avril et novembre. Ce chiffre atteint 84 % pour les enfants dont s’occupent les personnes interrogées.

L’étude met en évidence que le risque de piqûre de tique n’est pas limité aux activités de plein air lointaines. En réalité, la plupart des expositions se produisent à proximité du domicile, dans les jardins, lors de promenades avec les chiens ou de simples activités de loisirs dans le quartier. 88 à 92 % des adultes et 96 à 98 % des enfants passent chaque semaine du temps dans leur jardin, souvent pendant une à quatre heures.

Malgré cette exposition régulière, les mesures de prévention restent insuffisantes. Seul un faible pourcentage de personnes utilise systématiquement des répulsifs ou vérifie la présence de tiques après avoir passé du temps à l’extérieur. Après une activité en forêt ou dans les bois, environ 35 à 40 % des adultes déclarent prendre ces précautions, un chiffre qui chute à 17 à 23 % après avoir passé du temps dans leur jardin. Les soignants adoptent des comportements similaires pour les enfants dont ils ont la charge.

Les résultats de l’étude montrent également que la perception du risque est souvent faible. Bien que la plupart des personnes aient entendu parler de la maladie de Lyme, elles ne la considèrent pas nécessairement comme un problème grave ou courant dans leur communauté. Environ 43 % des adultes vivant dans des zones à forte incidence se disent prêts à se faire vacciner contre la maladie de Lyme si un vaccin était disponible, un chiffre qui atteint 47 % pour leurs enfants.

Les chercheurs soulignent la nécessité de renforcer les campagnes de sensibilisation et de promouvoir l’adoption de mesures de prévention systématiques, en particulier dans les environnements péridomestiques. Ils insistent sur l’importance d’associer le temps passé régulièrement à l’extérieur à l’utilisation de répulsifs, à la vérification de la présence de tiques et à d’autres pratiques préventives. L’étude a été financée conjointement par Valneva et Pfizer, qui co-développent un vaccin contre la maladie de Lyme ; plusieurs auteurs sont des employés de Pfizer.

Référence du journal :

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