Publié le 27 octobre 2025 17h00. Alors que les maladies infectieuses se multiplient, notamment chez les personnes vulnérables, les partis politiques néerlandais sont critiqués pour leur manque d’attention à la sécurité sanitaire dans leurs programmes électoraux.
- Plus de 10 millions de Néerlandais souffrent de maladies chroniques, les rendant plus susceptibles aux infections.
- La majorité des partis politiques ne prennent pas suffisamment en compte la lutte contre les infections et la résistance aux antibiotiques.
- Une aide au vote, publiée par la Collaboration Maladies Infectieuses, permet d’évaluer les engagements des différents partis sur ces questions.
Les Néerlandais sont de plus en plus touchés par des maladies infectieuses causées par des bactéries, des virus, des champignons ou des parasites. Ce phénomène est exacerbé par l’émergence de nouveaux agents pathogènes et par une population dont la santé est de plus en plus fragile. C’est le cas de Manon, 29 ans, originaire d’Amsterdam, atteinte de la maladie de Crohn. En raison de sa maladie et des traitements qu’elle suit, son système immunitaire est affaibli, la rendant particulièrement vulnérable aux infections.
« J’ai de nombreux problèmes physiques, comme de la fatigue et des douleurs abdominales. Si une infection s’ajoute, cela pourrait avoir de graves conséquences pour moi », témoigne Manon. Elle espère que les politiciens prendront davantage conscience de cette problématique. « Les infections se multiplient et les personnes dont la santé est fragile comme moi tombent encore plus souvent malades, car nous ne pouvons pas nous protéger efficacement. Cela limite notre capacité à participer pleinement à la société. »
Selon les chiffres officiels, 10,4 millions de personnes aux Pays-Bas sont atteintes d’une ou plusieurs maladies chroniques, ce qui augmente considérablement leur risque de contracter des infections et d’en subir des conséquences plus graves. Parallèlement, la résistance des bactéries aux antibiotiques est en forte augmentation, un problème de santé publique majeur.
Si certains partis politiques se penchent sur la question des maladies infectieuses, une approche globale manque cruellement. La Collaboration Maladies Infectieuses a donc publié une aide au vote (PDF) qui permet de comparer les propositions des différents partis en matière de sécurité sanitaire.
L’analyse des programmes électoraux de dix-sept partis révèle que la majorité en fait trop peu. BIJ1, CDA, DENK, JA21 et 50Plus n’abordent même pas la question des maladies infectieuses. Les partis qui proposent le plus de mesures concrètes sont GroenLinks-PvdA, PvdD et SP. Cependant, aucun ne couvre l’ensemble des enjeux et des défis liés à la sécurité sanitaire.
Quatre partis – GroenLinks-PvdA, PvdD, SP et VVD – plaident pour une politique visant à augmenter les taux de vaccination. La prévention des maladies infectieuses transmises de l’animal à l’homme, comme la grippe aviaire, est uniquement proposée par le PvdD et Volt. La lutte contre les pénuries de médicaments est un thème abordé par D66, NSC, PVV et SP. Enfin, l’amélioration des soins aux personnes souffrant de syndromes infectieux post-aigus (PAIS), tels que le syndrome post-COVID, est mentionnée par ChristenUnie, GroenLinks-PvdA, PvdD, SGP et SP.
Un autre sujet crucial est insuffisamment pris en compte : la protection des personnes vulnérables et de leurs proches. De même, l’innovation et la recherche scientifique, notamment dans le développement de nouveaux médicaments et traitements, sont trop souvent négligées. Or, l’efficacité des antibiotiques diminue progressivement. Dans le monde, une infection sur six est désormais résistante aux antibiotiques. Si aucune mesure n’est prise, cela pourrait entraîner une augmentation des maladies infectieuses et même mettre la vie en danger en cas d’infections banales.
« Il est encourageant de constater que certains partis politiques accordent une attention particulière aux maladies infectieuses dans leurs programmes électoraux », déclare Margriet Schneider, présidente de la Collaboration Maladies Infectieuses. « Cependant, pour garantir une société à l’abri des infections, il faut aller plus loin et tous les partis doivent s’engager dans la lutte contre les maladies infectieuses ! Nous recommandons une approche globale qui inclut également des efforts pour développer de nouveaux traitements et protéger les personnes vulnérables. »
La Collaboration Maladies Infectieuses est une initiative regroupant des microbiologistes médicaux, des internistes-infectiologues, 23 caisses d’assurance maladie et des représentants des patients. Elle a pour objectif d’améliorer l’approche des maladies infectieuses et de la résistance aux antibiotiques, notamment en matière de prévention, de diagnostic, de traitement, d’information et de recherche. L’initiative favorise le dialogue entre les professionnels de santé, les patients et les décideurs politiques.
