Publié le 2 octobre 2025 05:58:00. Une nouvelle approche thérapeutique basée sur la radiothérapie à faible dose offre un soulagement significatif aux patients souffrant d’arthrose du genou, selon des résultats présentés lors d’un congrès médical aux États-Unis.
- Une étude randomisée et contrôlée par placebo a démontré une réduction de la douleur et une amélioration de la fonction physique chez les patients traités par radiothérapie à faible dose.
- Cette technique, déjà utilisée en Europe depuis plusieurs décennies, bénéficie désormais de preuves cliniques solides confirmant son efficacité et sa sécurité.
- Les doses de rayonnement utilisées sont bien inférieures à celles employées en oncologie, minimisant les risques d’effets secondaires.
L’arthrose, la forme la plus répandue d’arthrite, touche environ 32,5 millions d’adultes aux États-Unis. Cette maladie dégénérative du cartilage articulaire, souvent localisée aux genoux et aux hanches, peut considérablement altérer la qualité de vie et limiter les activités quotidiennes. Le traitement repose généralement sur des médicaments antidouleur et des ajustements du mode de vie, la chirurgie étant envisagée en cas d’aggravation des symptômes.
Une équipe de chercheurs sud-coréens a mené une étude rigoureuse, impliquant 114 patients atteints d’arthrose du genou, pour évaluer l’intérêt d’un seul cycle de radiothérapie à faible dose. Les résultats, présentés lors de la réunion annuelle de l’American Society of Oncological Radiotherapy (ASTRO) à San Francisco du 28 septembre au 2 octobre, sont encourageants.
Si la radiothérapie à faible intensité est employée en Europe, notamment en Allemagne et en Espagne, depuis plusieurs années pour soulager les douleurs articulaires, les études cliniques randomisées confirmant son efficacité manquaient jusqu’à présent. Cette nouvelle recherche apporte des données probantes solides qui valident cette approche thérapeutique.
L’étude a révélé que les patients souffrant d’arthrose du genou légère à modérée ont ressenti une diminution significative de leur douleur et une amélioration de leur fonction physique dans les quatre mois suivant l’administration d’une faible dose de rayonnement – une fraction des niveaux utilisés en traitement du cancer. L’inclusion d’un groupe témoin recevant un placebo a permis de distinguer les effets réels du traitement des améliorations spontanées souvent observées dans les études sur l’arthrose.
« Les personnes atteintes d’arthrose douloureuse du genou sont souvent confrontées à un choix difficile entre le risque d’effets indésirables des médicaments analgésiques et le risque de chirurgie de prothèse articulaire. La radiothérapie offre une alternative intéressante. »
Dr Kim, référent national de l’Université de médecine, Boramae Medical Center
Les participants ont reçu une dose de 3 Gy (gris, unité de mesure du rayonnement) administrée en six séances. Comparativement au groupe placebo, ceux ayant bénéficié de la radiothérapie ont signalé une réduction notable de la douleur et une meilleure mobilité.
Après quatre mois, 70 % des participants ont présenté une amélioration dans au moins deux des trois critères évalués – douleur, fonction physique et état général – contre 42 % dans le groupe placebo. Une autre partie de l’étude a montré que des doses infimes de 0,3 Gy n’avaient pas d’effet supérieur au placebo, suggérant un seuil minimal de dose nécessaire à l’efficacité du traitement.
Des résultats similaires ont été observés aux États-Unis, où 84 % des 103 patients traités pour l’arthrose des mains, des genoux ou d’autres articulations ont constaté un soulagement de la douleur. L’efficacité du traitement s’est avérée indépendante du sexe, du poids ou de la localisation de l’articulation affectée.
Il est important de souligner que le niveau de rayonnement utilisé est bien inférieur à celui employé en oncologie (où les doses atteignent 45 à 60 Gy). De plus, les articulations sont généralement situées à distance des organes vitaux, ce qui réduit le risque d’effets secondaires.
Selon le Dr Kim, la sensibilisation à cette option thérapeutique reste faible chez les professionnels de la santé dans de nombreux pays, en raison d’une idée reçue selon laquelle les rayonnements médicaux sont toujours administrés à des doses élevées. Il précise que, dans le cas de l’arthrose, les doses sont minimes et que la procédure cible des articulations éloignées des organes vitaux, limitant ainsi les risques.
Des données allemandes, issues d’un suivi de plus de 4 600 patients traités pour l’arthrose sur une période de plus de 15 ans, ont révélé seulement trois cas possibles de cancers solides liés à la radiothérapie, dont deux carcinomes cutanés à évolution lente.
En conclusion, la radiothérapie à faible dose apparaît comme une option thérapeutique prometteuse pour les patients atteints d’arthrose légère ou modérée, offrant des bénéfices significatifs en termes de soulagement de la douleur et d’amélioration de la mobilité, avec un faible risque d’effets indésirables.
Les chercheurs soulignent toutefois un risque légèrement accru de cancers hématologiques (du sang), en particulier lorsque les zones traitées sont proches de la moelle osseuse, comme c’est le cas pour les épaules ou le tronc. Une prudence particulière est donc recommandée dans ces cas.
L’équipe de recherche poursuit actuellement un suivi de 12 mois pour évaluer la pérennité des bénéfices et corréler l’amélioration des symptômes avec des mesures d’imagerie de la structure articulaire. D’autres études à plus grande échelle sont prévues pour analyser les résultats chez des sous-groupes spécifiques de patients et comparer l’efficacité de la radiothérapie à faible dose avec celle des injections et des traitements médicamenteux.
L’American Society of Oncological Radiotherapy (ASTRO) est la plus grande organisation professionnelle mondiale dédiée à la radiothérapie oncologique, regroupant 10 000 membres – médecins, infirmières, thérapeutes et autres spécialistes – engagés dans l’amélioration des résultats cliniques grâce aux soins médicaux, à la recherche, à l’éducation et au plaidoyer en matière de politiques de santé. La radiothérapie est un élément essentiel dans environ 40 % des guérisons de cancer dans le monde, et plus d’un million d’Américains reçoivent chaque année des traitements de radiothérapie.