Home NouvellesLa rencontre entre Petro et McNamara marque un répit dans la crise entre la Colombie et les États-Unis

La rencontre entre Petro et McNamara marque un répit dans la crise entre la Colombie et les États-Unis

by Nicolas Lefèvre

Publié le 21 octobre 2025 à 04h40. L’avenir des relations commerciales et sécuritaires entre la Colombie et les États-Unis est suspendu aux prochaines décisions de Donald Trump, qui maintient la menace de droits de douane sur les exportations colombiennes, exacerbant les tensions avec le gouvernement Petro.

  • Le président américain Donald Trump n’a pas annoncé lundi de nouveaux tarifs douaniers sur les produits colombiens, mais n’a pas non plus levé cette menace.
  • Gustavo Petro a convoqué son ambassadeur à Washington pour des consultations et a rencontré l’ambassadeur américain par intérim à Bogotá, sans déclaration publique à l’issue de cette rencontre.
  • La situation intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays, liées notamment à la guerre en Israël, à la lutte contre le narcotrafic et à la crise politique au Venezuela.

L’incertitude plane sur l’économie colombienne, alors que le pays attend de voir si Donald Trump concrétisera sa menace de droits de douane. Cette perspective inquiète particulièrement la Colombie, qui exporte 26 % de ses produits vers les États-Unis et reçoit une part importante de ses investissements étrangers et de son aide en matière de sécurité.

Un siècle d’alignement politique et 25 ans d’assistance militaire, notamment à travers le Plan Colombie, ont profondément lié les deux nations. Ce plan a joué un rôle crucial dans la stabilisation d’un pays autrefois considéré comme au bord de l’effondrement. Gustavo Petro a défendu l’existence d’un accord de libre-échange, estimant que l’imposition de droits de douane est injustifiée dans ce contexte.

« Il n’aurait pas dû imposer de droits de douane car il existait un accord de libre-échange international entre les deux pays »

Gustavo Petro, président de la Colombie

Certains secteurs, comme celui du café, tentent d’anticiper un avantage concurrentiel potentiel, mais l’incertitude freine les investissements. Les relations déjà tendues entre les deux gouvernements, marqués par des présidents aux styles rhétoriques marqués, compliquent la situation. Les premières frictions, liées à l’expulsion de citoyens colombiens, ont rapidement dégénéré en menaces de guerre commerciale.

La situation s’est encore envenimée en septembre. Le 15, les États-Unis ont retiré leur certification de la Colombie dans sa lutte contre le trafic de drogue. Le 23, Gustavo Petro a vivement critiqué Donald Trump devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Le 27, lors d’un rassemblement à New York, Petro a même appelé les militaires colombiens à désobéir aux ordres de Trump concernant Israël, ce qui a entraîné le retrait de son visa par le Département d’État américain, jugé « imprudent et incendiaire ».

Cette crise s’inscrit dans un contexte régional complexe, notamment en raison de la situation au Venezuela. La Colombie entretient des relations historiques avec son voisin, mais les relations avec Nicolás Maduro sont délicates depuis les élections contestées de juillet 2024. Petro a maintenu les canaux diplomatiques ouverts tout en accueillant les réfugiés vénézuéliens, mais a évité de prendre position de manière trop explicite sur la légitimité du gouvernement Maduro. Lors d’une interview lundi, Petro a esquivé une question directe sur Maduro, préférant évoquer l’histoire des relations bilatérales et les défis des économies pétrolières.

Parallèlement, Donald Trump a intensifié la pression sur le régime de Maduro, avec des démonstrations de force dans les Caraïbes et au moins sept attaques de missiles contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue vers les États-Unis. L’escalade a été déclenchée par des accusations de Petro, qui a affirmé que des navires américains avaient heurté un bateau de pêcheurs colombiens, potentiellement dans les eaux territoriales colombiennes. En réponse, Trump a qualifié Petro de « leader du trafic de drogue » et a menacé de suspendre toute aide à la Colombie.

Alors que la Colombie attend avec appréhension toute annonce de Donald Trump, le pays est également confronté à une autre échéance judiciaire : l’annonce du verdict en appel dans le procès pour subornation de témoins impliquant l’ancien président Álvaro Uribe Vélez, condamné en juillet.

You may also like

Leave a Comment