Publié le 21 octobre 2025 à 10h10. Une étude internationale révèle que la qualité du sperme diminue avec l’âge, et que ce phénomène pourrait être lié à une forme de sélection naturelle favorisant des mutations génétiques potentiellement néfastes pour la descendance.
- Le sperme des hommes contient davantage d’anomalies génétiques avec l’âge.
- Certaines mutations de l’ADN, bien que potentiellement délétères, semblent favoriser la propagation des spermatozoïdes.
- L’étude identifie une quarantaine de gènes concernés, dont certains liés à de graves maladies.
Des chercheurs du Wellcome Sanger Institute et du King’s College de Londres ont mis en évidence un lien entre l’âge paternel et l’accumulation de mutations dans le sperme. L’étude, publiée dans la revue scientifique Nature, suggère que certaines modifications de l’ADN, survenant lors de la formation des spermatozoïdes, pourraient être avantageuses pour la fécondation, même si elles augmentent le risque de transmission de gènes liés à des maladies.
L’analyse du sperme d’hommes en bonne santé, âgés de 24 à 75 ans, a révélé qu’environ 2 % des spermatozoïdes contenaient une mutation nocive chez les hommes dans la trentaine. Ce chiffre grimpe à environ 4,5 % chez les hommes de plus de 70 ans. Cette augmentation est en partie due à l’accumulation d’erreurs aléatoires dans l’ADN au fil des années, mais également à un processus biologique favorisant certaines mutations qui facilitent la multiplication cellulaire.
Parallèlement, une seconde étude menée par la Harvard Medical School et également publiée dans Nature, a examiné l’ADN de plus de 54 000 paires parent-enfant. Les résultats confirment que les mêmes gènes présentent plus fréquemment des mutations chez les enfants lorsque le père est plus âgé, avec des occurrences pouvant être jusqu’à 500 fois supérieures à la normale.
Les chercheurs ont identifié une quarantaine de gènes bénéficiant de cette sélection naturelle, dont plusieurs sont associés à de graves troubles du développement et à des cancers héréditaires. Bien qu’une augmentation du nombre de mutations ne signifie pas automatiquement qu’un enfant développera une maladie, elle accroît le risque de troubles héréditaires ou de problèmes de développement, et peut même conduire à des fausses couches ou à une infertilité.
Cette découverte intervient alors que l’âge moyen des pères à la naissance d’un enfant tend à augmenter. Selon une étude récente, les hommes deviennent de plus en plus souvent pères dans leurs trentenaires.
Les chercheurs soulignent qu’il ne s’agit pas d’alarmer les futurs pères, mais plutôt de sensibiliser aux conséquences génétiques potentielles d’une paternité tardive. Comprendre comment ces mutations apparaissent et se propagent pourrait permettre d’évaluer plus précisément les risques génétiques et d’étudier l’influence du mode de vie et de l’environnement sur ce processus.
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