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La résistante Selma van de Perre est décédée à l’âge de 103 ans.

by Nicolas Lefèvre

Publié le 21 octobre 2025 16:37:00. Selma van de Perre, figure de la Résistance néerlandaise pendant la Seconde Guerre mondiale, est décédée lundi à l’âge de 103 ans. Son témoignage poignant sur les horreurs de l’occupation nazie et la force de l’esprit humain a été publié dans son autobiographie, Je m’appelle Selma.

  • Selma van de Perre a participé activement à la résistance néerlandaise en falsifiant des papiers d’identité et en aidant des Juifs à échapper aux persécutions.
  • Elle a été déportée au camp de concentration de Ravensbrück où elle a été détenue pendant dix mois avant d’être libérée.
  • Après la guerre, elle a poursuivi une carrière de journaliste à la BBC et a finalement publié ses mémoires, incitée par un cousin à ne pas laisser s’éteindre la mémoire de son époque.

Selma van de Perre, d’origine juive, a rejoint le groupe de résistance dirigé par Joop Westerweel pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce réseau clandestin a joué un rôle crucial dans la sauvegarde de centaines de Juifs, en les aidant à fuir vers le sud de l’Europe pour échapper à la déportation.

Son action au sein de la Résistance était multiple : elle falsifiait des cartes d’identité pour permettre aux Juifs de voyager en toute sécurité, organisait des refuges et assurait la liaison entre les différents membres du réseau en traversant les Pays-Bas pour transmettre des messages. Sa famille, elle, a été directement touchée par la Shoah : son père a été déporté à Westerbork, tandis que sa mère et sa sœur ont trouvé refuge à Eindhoven.

Grâce à une apparence qui ne laissait pas deviner son origine juive, Selma van de Perre a réussi à échapper aux premières vagues de persécutions. Cependant, en juin 1944, elle a été arrêtée par les nazis et déportée via le camp de Vught vers le camp de concentration de Ravensbrück. Elle y a enduré des conditions inhumaines pendant près de dix mois, jusqu’à la libération du camp en avril 1945.

Après la guerre, Selma van de Perre a choisi de s’installer en Angleterre, où elle a étudié l’anthropologie et la sociologie. Elle a ensuite entamé une carrière de journaliste, notamment à la BBC. Pendant des décennies, elle a préféré ne pas évoquer les traumatismes de la guerre. C’est au début des années 2000, sur les encouragements d’un cousin, qu’elle a décidé de coucher ses souvenirs par écrit. « Selma, tu es presque la dernière de ta génération encore en vie. Tu dois écrire tes souvenirs avant qu’il ne soit trop tard », lui avait-il dit.

Son autobiographie, Je m’appelle Selma (2020), est un témoignage poignant sur les horreurs de la guerre, la résistance et la capacité de l’être humain à survivre dans les circonstances les plus extrêmes. Une interview de Selma van de Perre publiée dans le NRC en 2020 révèle sa profonde réflexion sur la nature humaine, marquée par la constatation du mal, mais aussi par la reconnaissance de la bonté.

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