Publié le 9 janvier 2026 à 13h07. La Russie a mené une vaste attaque nocturne sur l’Ukraine, employant des centaines de drones et des dizaines de missiles, dont un nouveau type d’arme balistique, faisant au moins quatre morts et plongeant Kiev dans le chaos énergétique.
- La Russie a utilisé un nouveau missile balistique, le Oreshnik, dont elle affirme atteindre une vitesse dix fois supérieure à celle du son et être indétectable par les défenses aériennes.
- L’attaque intervient alors que l’Ukraine et ses alliés progressent dans les discussions sur de nouvelles garanties de sécurité en cas de rupture des négociations de paix avec Moscou.
- Quatre personnes ont péri à Kiev, dont un secouriste, et au moins 22 ont été blessées, tandis que des milliers d’habitants sont privés de chauffage par des températures glaciales.
L’offensive massive, qualifiée de représailles par Moscou, a visé plusieurs régions du pays, notamment la capitale, Kiev, et la région de Lviv, à l’ouest. Les autorités ukrainiennes ont identifié des débris du missile Oreshnik dans la région de Lviv, affirmant qu’il avait été lancé depuis le champ d’essais russe de Kapoutine Iar et visait des infrastructures civiles. Selon les services de sécurité ukrainiens, ce missile était équipé de six ogives, chacune contenant six sous-munitions.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé l’attaque et appelé à une « réponse claire » de la communauté internationale, en particulier des États-Unis, qu’il estime être attentive aux actions de la Russie. Il a également souligné que l’attaque avait endommagé l’ambassade du Qatar à Kiev, un pays jouant un rôle clé dans la médiation des échanges de prisonniers de guerre.
Le ministère russe de la Défense justifie cette attaque par une frappe de drone ukrainienne contre la résidence du président Vladimir Poutine le mois dernier, allégation rejetée par l’Ukraine et par l’ancien président américain Donald Trump. Moscou affirme que le missile Oreshnik, capable d’atteindre une vitesse de Mach 10, est immunisé contre les systèmes de défense antimissile et pourrait être utilisé contre les alliés de Kiev qui fournissent des armes à l’Ukraine.
À Kiev, environ la moitié des immeubles d’habitation – près de 6 000 – étaient privés de chauffage par des températures atteignant -8°C. Le maire Vitali Klitschko a indiqué que les services municipaux avaient rétabli l’électricité et le chauffage dans les établissements publics, tels que les hôpitaux et les maternités, grâce à des chaudières mobiles. L’approvisionnement en eau a également été interrompu dans certains quartiers.
Cette escalade intervient également dans un contexte de refroidissement des relations entre Moscou et Washington, suite à la saisie par les États-Unis d’un pétrolier dans l’Atlantique Nord, un incident vivement condamné par la Russie. Par ailleurs, Donald Trump a récemment exprimé son accord avec l’imposition de sanctions sévères visant à paralyser l’économie russe.
Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Kaja Kallas, a déclaré que le lancement du Oreshnik était « destiné à servir d’avertissement à l’Europe et aux États-Unis », affirmant que « Poutine ne veut pas la paix, la réponse de la Russie à la diplomatie est davantage de missiles et de destruction ».
Le pape Léon XIV a exhorté la communauté internationale à poursuivre ses efforts pour la paix et à mettre fin aux souffrances en Ukraine, réitérant « la nécessité urgente d’un cessez-le-feu immédiat et d’un dialogue motivé par une recherche sincère des voies menant à la paix ».
Les dirigeants britannique, français et allemand ont condamné l’attaque, la qualifiant d’« inquiétante et inacceptable ».