Publié le 15 octobre 2025 à 03h50. La Russie se dote d’un nouveau cadre juridique permettant la mobilisation de jusqu’à deux millions de réservistes, une mesure qui lui confère une plus grande souplesse dans la gestion de ses effectifs militaires en Ukraine, alors que le conflit s’enlise dans une guerre d’usure.
- Moscou pourrait mobiliser jusqu’à deux millions de réservistes en cas de besoin.
- La réforme juridique élargit les conditions de mobilisation, y compris en temps de paix.
- Cette mesure vise également à alléger la charge financière liée au recrutement de volontaires.
La Russie renforce sa capacité de mobilisation face à la poursuite des combats en Ukraine. Un amendement législatif, qui devrait être adopté par le Parlement russe, autorise la convocation de réservistes ayant signé des contrats avec le ministère de la Défense, non seulement en cas de loi martiale ou de déclaration de guerre, mais également en temps de paix. Cette décision intervient dans un contexte de guerre d’usure où les deux camps subissent de lourdes pertes.
Actuellement, l’armée russe déployée en Ukraine compte plus de 700 000 soldats. La possibilité de mobiliser des réservistes permettrait au président Poutine de réorganiser et d’augmenter ses forces sur le terrain, en s’appuyant sur un vivier de personnel déjà formé. Les réservistes suivent une formation militaire annuelle et perçoivent une rémunération pendant leur absence de leur emploi civil. Selon les médias russes, notamment RBC News, les nouvelles conditions contractuelles prévoient une compensation financière supplémentaire pour les réservistes rappelés. La durée maximale de ces missions est limitée à deux mois.
Au-delà de l’aspect militaire, cette réforme vise également à réduire les coûts liés au recrutement de volontaires. Le gouvernement russe dépense actuellement des sommes considérables pour attirer de nouveaux soldats, ce qui contribue à l’inflation dans un contexte budgétaire tendu. En mobilisant des réservistes, Moscou espère alléger cette pression financière.
La Russie continue de qualifier son intervention en Ukraine d’« opération militaire spéciale », évitant ainsi de parler de guerre formelle. Cette distinction juridique est importante, car elle influence les conditions de mobilisation et les obligations légales du pays.
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