Publié le 27 novembre 2025 à 15h57. L’alimentation pourrait jouer un rôle crucial dans la prévention et l’amélioration des maladies neurodégénératives, selon une spécialiste qui met en avant les bénéfices d’un régime pauvre en glucides, comme le régime cétogène.
- Le régime cétogène suscite un intérêt croissant pour la santé du cerveau, notamment face à l’augmentation des maladies neurodégénératives comme Alzheimer et Parkinson.
- La résistance à l’insuline, souvent silencieuse, pourrait être un facteur clé dans le développement de troubles cognitifs et de maladies neurodégénératives.
- Des études de cas suggèrent que le régime cétogène peut améliorer significativement les fonctions cognitives, même chez les patients atteints de maladies neurodégénératives avancées.
La relation entre le régime cétogène et la santé cérébrale est de plus en plus étudiée. Face à l’augmentation des maladies neurodégénératives, telles qu’Alzheimer et Parkinson, de nouvelles pistes thérapeutiques sont explorées, et l’alimentation en fait partie.
Lors d’une interview accordée à Steven Bartlett dans l’émission Le journal d’un PDG, le Dr. Annette Bosworth, interniste et spécialiste de la résistance à l’insuline, a expliqué comment l’alimentation peut influencer la prévention et l’amélioration de la détérioration du cerveau, s’appuyant sur plus de 20 ans d’expérience clinique.
Selon le Dr. Bosworth, la résistance à l’insuline représente un problème chronique et souvent non diagnostiqué, touchant aussi bien les personnes en surpoids que celles présentant des symptômes plus subtils, comme de la fatigue ou des difficultés de concentration. Elle soutient que l’excès d’insuline, provoqué par les habitudes alimentaires actuelles et la consommation de sucres simples, entraîne une accumulation de « déchets » dans le cerveau, un phénomène directement associé à la dépression, au brouillard cérébral et au développement de maladies neurodégénératives.
« Le premier signe est la graisse abdominale. On observe également des altérations cutanées, comme des zones plus foncées et plus épaisses au niveau du cou ou des aisselles, ainsi qu’une perte de poils sur les pieds et les jambes », explique la médecin. Lors de ses consultations, la majorité de ses patients présentent des signes de résistance à l’insuline, tels qu’une augmentation du périmètre abdominal, des acrochordons et des modifications de la texture de la peau.
Le Dr. Bosworth a rapporté plusieurs cas cliniques dans lesquels l’application du régime cétogène a généré des améliorations cognitives notables, même chez des patients atteints d’Alzheimer et de syndrome de Down. Elle a notamment évoqué les progrès d’un patient diagnostiqué avec les deux pathologies, qui, après la mise en œuvre stricte du régime, a fait des progrès en autonomie et en communication qu’il n’avait jamais connus auparavant.
Elle a également partagé son expérience personnelle avec sa mère, atteinte d’un cancer résistant aux traitements conventionnels. « Après six semaines de régime cétogène, les marqueurs de cancer de ma mère ont chuté de 70 %. Il n’existe aucun médicament sur le marché qui fasse cela », se souvient-elle. Elle a souligné que cette intervention a non seulement contribué à contrôler la maladie, mais aussi à améliorer la qualité de vie et la fonction cognitive de sa mère.
Le régime cétogène implique une réduction drastique des glucides, accompagnée d’une augmentation des graisses saines, ce qui induit la production de cétones, un carburant alternatif et plus propre pour le cerveau. Le Dr. Bosworth explique que ces molécules peuvent traverser la barrière hémato-encéphalique et nourrir les neurones, même en cas de résistance à l’insuline.
Le processus d’adaptation à la cétose varie selon chaque personne. « J’ai eu des patients en surpoids qui, après avoir réduit leurs glucides à 20 grammes par jour, mettaient jusqu’à 15 jours pour commencer à produire des cétones », a-t-elle noté. Pour faciliter ce processus, elle recommande des stratégies telles que le « défi sardine », qui consiste à consommer exclusivement des sardines pendant plusieurs jours.
La spécialiste a souligné que cette approche n’est pas universelle et nécessite un suivi médical, en adaptant l’apport en graisses et en protéines en fonction de la mesure des cétones dans le sang.
Le Dr. Bosworth a insisté sur l’importance de la motivation personnelle pour maintenir ce changement d’habitudes. « La plupart des gens viennent au cabinet après une crise. Mais pour rester sur la bonne voie, il faut trouver une motivation profonde, ce ‘pourquoi’ qui vous anime même lorsque tout le reste échoue », a-t-elle déclaré. Elle a précisé que le régime cétogène peut être compromis par des blessures émotionnelles, un stress non résolu ou des troubles du sommeil.
Elle a également souligné les différences entre les sexes dans la réponse métabolique : les femmes ont tendance à retenir plus de graisse et peuvent avoir besoin de plus de temps pour entrer en cétose. « Si vous voulez avoir un bébé, mener une grossesse ou éviter de prendre du poids à la ménopause, vous devez produire régulièrement des cétones », a-t-elle affirmé.
Selon le Dr. Bosworth, atteindre et maintenir l’état cétogène permet d’obtenir un cerveau plus clair et une plus grande énergie, tandis que le retour à un régime riche en glucides réactive l’inflammation et le déclin cognitif. Cohérence et redéfinition des habitudes personnelles sont essentielles pour une meilleure santé cérébrale.
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