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La stratégie pourrait être exclue des indices boursiers MSCI

by Amélie Bernard

Publié le 22 novembre 2025 à 16h21. L’avenir de MicroStrategy, entreprise technologique fortement investie dans le bitcoin, est incertain. Une possible requalification par MSCI pourrait entraîner son exclusion des principaux indices boursiers, suscitant des inquiétudes quant à son impact sur le marché des cryptomonnaies.

  • MSCI examine la possibilité de reclasser MicroStrategy en tant que fonds d’investissement en raison de ses importants avoirs en bitcoin.
  • Cette requalification pourrait forcer des sorties de capitaux massives, potentiellement à hauteur de 8,8 milliards de dollars (USD) selon JP Morgan.
  • Le PDG de MicroStrategy, Michael Saylor, défend son modèle économique et insiste sur le fait que son entreprise est bien plus qu’un simple détenteur de bitcoin.

L’entreprise MicroStrategy, dirigée par Michael Saylor, se retrouve au centre d’une controverse qui pourrait avoir des conséquences importantes pour sa valorisation boursière et, potentiellement, pour le marché du bitcoin. L’agence de notation MSCI a prolongé sa révision de la classification de MicroStrategy, alimentant les spéculations sur son statut d’entité financière. La question centrale est de savoir si l’entreprise, avec son pari audacieux sur le bitcoin comme actif productif, correspond toujours aux critères traditionnels d’une société cotée en bourse.

MSCI pourrait décider de reclasser MicroStrategy comme un véhicule de type fonds, une décision qui pourrait être finalisée d’ici le 15 janvier 2026, selon une communication récente. Une telle requalification mettrait en péril son inclusion dans des indices majeurs tels que le MSCI USA ou le MSCI World, où l’entreprise a une présence significative.

Cette révision s’inscrit dans un processus plus large de MSCI visant à évaluer l’accessibilité, la taille et la liquidité des entreprises incluses dans ses indices. L’agence examine notamment les sociétés de trésorerie détenant des actifs numériques, afin de déterminer si MicroStrategy répond toujours aux critères requis pour maintenir son statut actuel, ou s’il convient de la reclasser dans une catégorie différente. En particulier, les entreprises détenant plus de 50 % de leur solde en actifs cryptographiques sont scrutées à la loupe, et MicroStrategy en fait partie.

JP Morgan a relancé le débat le 20 novembre 2025, suggérant que des sorties de capitaux pourraient atteindre 8,8 milliards de dollars (USD) si d’autres fournisseurs d’indices suivaient l’exemple de MSCI et excluaient les entreprises de ce type. Une publication sur X résume ces craintes.

Michael Saylor prend la parole

Face à ces inquiétudes, Michael Saylor a pris la défense de son entreprise, rejetant les accusations qu’il considère comme de la désinformation (FUD, pour Fear, Uncertainty and Doubt). Dans un message publié sur X le 21 novembre 2025, il a déclaré :

« MicroStrategy n’est pas un fonds, ce n’est pas une fiducie et ce n’est pas une société holding. Nous sommes une société d’exploitation cotée en bourse avec une activité logicielle de 500 millions de dollars et une stratégie de trésorerie unique qui utilise le bitcoin comme capital productif. »

Michael Saylor, PDG de MicroStrategy.

Saylor a souligné que son entreprise, contrairement aux fonds d’investissement passifs, « crée, structure, émet et exploite » des instruments financiers innovants, tels que les cinq émissions de crédit numérique – $STRK, $STRF, $STRD, $STRC et $STRE – qui représentent une valeur nominale totale de plus de 7,7 milliards de dollars (USD). Il a également mis en avant Stretch ($STRC), un produit qu’il décrit comme « révolutionnaire » et adossé au bitcoin, offrant des rendements mensuels en dollars américains. Selon Saylor, cela positionne MicroStrategy comme « la première institution monétaire numérique au monde fondée sur une monnaie saine et l’innovation financière ».

Certains analystes soutiennent la position de Saylor. Adam Livingston a souligné le 22 novembre 2025 sur X que « la stratégie de MSTR n’est pas celle d’un fonds passif ; c’est une société active qui exploite le BTC comme actif de trésorerie ». Il suggère donc que la requalification pourrait sous-estimer le caractère opérationnel de l’entreprise.

Selon James E. Thorne, il est inexact de considérer MicroStrategy comme un simple trésorier de bitcoin. Il explique :

« Les médias grand public et Wall Street continuent de qualifier à tort MicroStrategy (MSTR) de simple trésorier Bitcoin dont la seule fonction est de posséder du bitcoin, ignorant sa stratégie beaucoup plus perturbatrice. En réalité, MSTR utilise activement Bitcoin comme capital pur et transparent pour développer une nouvelle génération de produits de crédit numériques qui remettent en question la domination des institutions financières traditionnelles. »

James E. Thorne, docteur en économie.

Ces déclarations renforcent le point de vue de Saylor, mais ne dissipent pas pour autant les inquiétudes quant aux conséquences financières d’une éventuelle exclusion de MSCI.

Comment la controverse affecte-t-elle le prix du bitcoin ?

La situation de MicroStrategy et sa possible requalification par MSCI pourraient exercer une pression à la baisse sur le prix du bitcoin (autour de 80 000 $ au moment de la rédaction), compte tenu du rôle de l’entreprise en tant que l’un des plus importants détenteurs institutionnels d’actifs cryptographiques. Certains estiment même que la situation actuelle explique pourquoi le bitcoin n’a pas encore franchi le seuil des 100 000 dollars (USD).

Si MicroStrategy devait subir des sorties de capitaux, que ce soit par crainte ou en raison d’une radiation effective des indices boursiers, les investisseurs pourraient y voir un signal de prudence envers les entreprises liées aux actifs cryptographiques, ce qui pourrait déclencher des ventes plus importantes de BTC et affecter son prix à court terme.

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