Publié le 26 décembre 2025 11:03:00. Une nouvelle analyse scientifique suggère que la consommation de curcumine, principe actif du curcuma, pourrait aider à réduire légèrement mais significativement la pression artérielle chez les personnes atteintes de prédiabète ou de diabète de type 2.
- La supplémentation en curcumine ou curcuma est associée à une diminution de la pression artérielle systolique (PAS) d’environ 2,69 mmHg.
- Cet effet est plus marqué chez les personnes déjà hypertendues, avec une baisse de la PAS de 3,41 mmHg.
- Aucun effet secondaire majeur n’a été rapporté dans les études analysées.
L’hypertension artérielle est une complication fréquente et préoccupante chez les personnes souffrant de prédiabète et de diabète de type 2 (DT2), augmentant considérablement le risque de maladies cardiovasculaires. Si les traitements médicamenteux restent la pierre angulaire de la prise en charge, l’intérêt pour les approches complémentaires, notamment nutritionnelles, visant à lutter contre l’inflammation et le stress oxydatif, est en croissance. La curcumine, composant clé du curcuma, est reconnue pour ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, tant in vitro que dans des études cliniques.
Cependant, les résultats concernant l’impact précis de la curcumine sur la tension artérielle chez les patients présentant des troubles du métabolisme du glucose étaient jusqu’à présent variables. Une récente méta-analyse a donc été menée pour déterminer si une supplémentation en curcumine ou en curcuma pouvait améliorer significativement la pression artérielle systolique et diastolique chez les populations à risque.
Les chercheurs ont analysé les données de 15 essais contrôlés randomisés, portant sur un total de 855 participants atteints de prédiabète ou de DT2. Ces études, identifiées grâce à des recherches approfondies dans les bases de données PubMed, Scopus et Web of Science (jusqu’en août 2025), ont été évaluées à l’aide d’un modèle statistique à effets aléatoires, permettant de tenir compte des différences entre les études. Les principaux critères d’évaluation étaient les variations de la pression artérielle systolique (PAS) et diastolique (PAD), avec des analyses complémentaires en fonction de l’état d’hypertension initial, du poids, du type de diabète, de la formulation de la curcumine et de la posologie.
Les résultats ont révélé que la supplémentation en curcumine ou en curcuma permettait de réduire significativement la PAS de 2,69 mmHg par rapport au groupe témoin, avec un niveau d’hétérogénéité faible à modéré. L’effet était plus prononcé chez les participants souffrant déjà d’hypertension, où la PAS diminuait de 3,41 mmHg. Des réductions significatives de la PAS ont également été observées chez les personnes atteintes de prédiabète ou de DT2, celles en surpoids, ainsi que dans les essais utilisant la nano-curcumine, le curcuma en poudre ou une combinaison de curcumine et de pipérine à des doses supérieures à 1 g par jour. Bien que non statistiquement significative dans l’ensemble, une tendance à la diminution de la PAD a été observée chez les patients atteints de DT2.
Les chercheurs soulignent qu’aucun effet indésirable majeur n’a été signalé au cours des essais inclus dans l’analyse. Cette méta-analyse suggère donc que la curcumine pourrait constituer un complément intéressant, bien que modeste, à la gestion de la pression artérielle chez les adultes atteints de prédiabète et de diabète, en particulier chez ceux souffrant déjà d’hypertension. Des études supplémentaires, rigoureuses et de grande envergure, sont toutefois nécessaires pour confirmer ces résultats, déterminer les formulations optimales et préciser le rôle de la curcumine dans une approche globale de la prise en charge de la tension artérielle.
Référence
Bahari H et coll. Effets antihypertenseurs de la supplémentation en curcumine/curcuma dans le prédiabète et le diabète : une revue systématique et une méta-analyse d’essais contrôlés randomisés. Endocrinol Diabète Metab. 2025;9(1):e70145.