Publié le 12 octobre 2025 à 09h25. L’accord imminent pour la libération d’otages israéliens détenus par le Hamas maintient Israël en haleine, tandis que la visite du président américain Donald Trump est perçue comme un moment décisif pour la géopolitique régionale.
- Un compte à rebours de 24 à 36 heures est lancé pour la finalisation de l’accord entre Israël et le Hamas.
- L’armée israélienne a commencé à se retirer vers les lignes de démarcation convenues.
- Donald Trump doit arriver lundi matin à Tel-Aviv pour une visite éclair et une rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
La tension est palpable en Israël alors que l’accord de libération d’otages avec le Hamas approche. Un otage libéré, cité par nos correspondants, a exprimé son état d’esprit avec une phrase répétée, presque machinalement : « Je suis calme. Oui, calme. Calme… » Une tentative de se rassurer, et de convaincre son interlocuteur de la maîtrise de soi, alors que l’anxiété monte.
Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont entamé leur retrait vers la ligne de démarcation convenue, comme l’a confirmé une source proche des opérations : « Personne n’entre à Gaza, c’est très fermé ». Le groupe terroriste Hamas doit maintenant remettre 48 otages, vivants et morts, selon les termes de l’accord.
La visite du président américain Donald Trump est perçue comme un enjeu majeur. Si l’opération se déroule comme prévu, elle pourrait constituer le plus grand succès géopolitique de sa carrière. Trump doit atterrir à l’aéroport Ben Gourion lundi à 9h20, où une brève cérémonie officielle précédera son discours devant le Parlement israélien, la Knesset. Il y rencontrera également le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les familles des otages dans la salle Chagall.
L’attente est insoutenable pour les familles des personnes kidnappées, qui espèrent enfin obtenir des nouvelles de leurs proches. L’accord prévoit la libération de 48 otages israéliens en échange d’environ 2 000 prisonniers palestiniens. Le Hamas a assuré qu’il commencerait à libérer les prisonniers lundi matin, sous la coordination de la Croix-Rouge internationale.
Le plan de Donald Trump prévoit également un retrait progressif des forces israéliennes de Gaza, qui seraient remplacées par une force multinationale composée d’Égypte, du Qatar, de Turquie et des Émirats arabes unis, sous la coordination d’un centre de commandement américain basé en Israël. La reconstruction de l’enclave et la mise en place d’une nouvelle administration à Gaza font également partie de la feuille de route, avec l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair pressenti pour occuper un rôle de chef intérimaire.
Le sommet de Charm el-Cheikh, prévu en marge de cet accord, réunira plus de 20 dirigeants mondiaux, dont ceux du Royaume-Uni, de l’Italie, de l’Espagne et de la France, aux côtés de Trump et du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. L’objectif principal de cette réunion est de signer l’accord qui mettra fin à la guerre à Gaza et jettera les bases d’une nouvelle étape de stabilité au Moyen-Orient. Ni Israël ni le Hamas ne participeront à ce sommet.
Hosam Badran, membre du bureau politique du Hamas, a qualifié de « absurde » la proposition d’expulser les membres de l’organisation de Gaza, dans des déclarations rapportées par l’agence AFP. Il a également averti que le Hamas était prêt à reprendre les combats si l’accord échouait, prévoyant que les négociations sur la deuxième phase du plan de Trump seraient complexes.
Hussein al-Cheikh, vice-président de l’Autorité palestinienne, a annoncé à Al-Arabiya qu’il rencontrerait Tony Blair pour discuter de l’administration intérimaire de Gaza, bien que la mise en œuvre de cette partie du plan n’ait pas encore été convenue avec Israël ou le Hamas.
À Gaza, le cessez-le-feu a permis à des dizaines de milliers de personnes déplacées de commencer à regagner leurs foyers, pour y découvrir une dévastation généralisée. L’ampleur de la crise humanitaire dans la bande de Gaza accentue la pression sur la communauté internationale pour qu’elle accélère la reconstruction et garantisse la stabilité future.
Des expéditions organisées par l’ONU et d’autres agences doivent débuter dans les prochaines heures, avec jusqu’à 600 camions par jour transportant des produits alimentaires et des fournitures médicales. L’UNRWA assure disposer de réserves suffisantes pour nourrir la population de Gaza pendant trois mois. Des dizaines de milliers de tonnes d’aide sont également prêtes dans les pays voisins, comme l’Égypte et la Jordanie.
Les prochaines 24 heures sont cruciales. En Israël, les familles des otages oscillent entre espoir et douleur, conscientes que l’issue de ce processus en ouvrira un autre, potentiellement très douloureux : les otages libérés ont, pour la plupart, gardé le silence sur les atrocités qu’ils ont subies dans les tunnels de Gaza, par respect pour ceux qui attendent encore. Mais lorsque tous ceux qui ont vécu l’enfer du kidnapping auront pu témoigner, une boîte de Pandore risque de s’ouvrir.
Steve Witkoff, envoyé spécial des États-Unis, a abordé cette crainte avec les familles des kidnappés lors d’une réunion hier soir, avant de s’exprimer devant 400 000 personnes rassemblées sur la place des Otages. Jared Kushner et Ivanka Trump étaient également présents. Witkoff a déclaré : « Nous ne célébrerons pas ce soir. Nous célébrerons lundi. »
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