Publié le 14 janvier 2024 05:01:00. Des chercheurs suédois ont identifié une substance bactérienne prometteuse, MakA, capable de réduire la croissance des tumeurs colorectales en stimulant le système immunitaire et en limitant les dommages aux tissus sains, ouvrant la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.
- MakA, une cytotoxine sécrétée par la bactérie du choléra Vibrio cholerae, réduit significativement la croissance tumorale chez les souris.
- La substance agit en augmentant la mort des cellules cancéreuses tout en renforçant la réponse immunitaire contre la tumeur.
- Les tests sur des souris n’ont révélé aucun effet secondaire nocif, suggérant une bonne tolérance et une action ciblée.
Le cancer colorectal, qui touche le côlon et le rectum, représente un problème de santé publique majeur à l’échelle mondiale. Troisième cancer le plus fréquemment diagnostiqué, il est également le deuxième plus mortel. Les traitements actuels, basés sur la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie, peuvent être efficaces, mais s’accompagnent souvent d’effets secondaires importants. Face à l’augmentation de l’incidence de cette maladie, la recherche de nouvelles options thérapeutiques est cruciale.
L’équipe de l’Université d’Umeå a concentré ses recherches sur MakA, une cytotoxine produite par la bactérie responsable du choléra, Vibrio cholerae. Des expériences menées sur des modèles murins ont démontré que l’administration systématique de MakA entraînait une réduction notable de la taille des tumeurs.
Les chercheurs ont observé que la substance se concentre spécifiquement dans les tissus tumoraux, où elle induit la mort des cellules cancéreuses et limite leur capacité à proliférer. Parallèlement, MakA modifie l’environnement cellulaire de la tumeur, favorisant l’infiltration de cellules immunitaires innées, telles que les macrophages et les neutrophiles, qui contribuent à inhiber le développement tumoral.
Un aspect particulièrement encourageant de cette étude est l’absence d’inflammation nocive chez les souris traitées. Aucune altération du poids corporel, de l’état général ou du fonctionnement des organes vitaux n’a été constatée, même après des administrations répétées de MakA. Ces résultats suggèrent que l’action de la substance est localisée et spécifiquement dirigée contre les tumeurs.
Des analyses approfondies ont confirmé que MakA stimule la production de médiateurs immunitaires au sein de la tumeur, favorisant la mort cellulaire tout en maintenant des mécanismes de régulation qui protègent les tissus environnants.
« Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, les résultats montrent clairement une manière intéressante de développer un nouveau type de traitement contre le cancer, qui utilise des substances créées par les bactéries pour à la fois tuer les cellules cancéreuses et renforcer les propres défenses de l’organisme. »
Saskia Erttmann, l’un des principaux auteurs de l’étude
Les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les investigations pour explorer le potentiel anticancéreux de MakA dans d’autres modèles et évaluer sa pertinence pour une future utilisation clinique. Il est important de souligner que les expériences ont consisté en l’administration de MakA seule, et non de la bactérie du choléra elle-même.
Cette étude, publiée dans la revue scientifique Cell Death & Disease, est le fruit d’une collaboration étroite entre les groupes de recherche des unités UCMR et MIMS de l’Université d’Umeå. Le projet a bénéficié du financement du Conseil suédois de la recherche, du Fonds contre le cancer et de la fondation Kempestiftelsen.
